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Imany : "In great shape"

Après le succès de son premier opus « The Shape Of A Broken Heart », l’interprète et compositeur Imany a entamé une tournée qui culminera à l’Olympia le 5 avril 2012. Rencontre. 

Imany à Paris en novembre 2011 © Stéphane WEBER
© Stéphane WEBER Imany à Paris en novembre 2011
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
Son morceau « You Will Never Know », extrait de l’album « The Shape Of A Broken Heart » (sorti en mai 2011) a fait le tour de France, et bien au-delà. Belle voix grave et posée, l’ancien mannequin international Imany, élégante comme il se doit, nous reçoit dans un café du onzième arrondissement de Paris. Elle enchaîne une interview de plus, mais c’est avec simplicité qu’elle se prête au jeu des photos et des questions réponses.


"J’ai pris mon temps"

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Imany à la scène, Nadia à la ville, n’a aucune éducation musicale formelle. « Je suis venu doucement à la musique, j’ai pris mon temps, je n’étais pas sûre de moi au début. Mais petit à petit j’ai pris des cours de chant, et j’ai rencontré des musiciens. Puis j’ai appris à composer et à écrire des chansons », explique-t-elle.

A cette époque, Imany se trouve à New York. Une aventure qui commence… dans le métro, en France, où elle est repérée puis mise sur l’orbite du mannequinat après des essais concluants. Les voyages s’enchaînent, mais la future chanteuse jettera son dévolu sur la Big Apple, à l’âge de 19 ans, où elle restera durant sept ans. « J’ai toujours eu cette fascination pour les Etats-Unis étant enfant, et là j’ai eu cette possibilité. Ça correspondait à tout ce que je m’imaginais ».

Voilà sans doute pourquoi Imany a choisi d’interpréter ses chansons en anglais. « C’est une langue que j’aime, je trouve que c’est une langue qui va bien avec ma voix, facile à chanter. Je suis même stupéfaite par la poésie et les sons de cette langue. Alors que la langue française c’est surtout le choix des mots. De plus j’ai appris à composer et à écrire en Amérique, et au bout de sept ans je rêvais même en anglais ! C’était donc plus naturel et plus facile  », confie-t-elle.

Même si elle se sent flattée d’être comparée à Tracy Chapman, « c’est sympa, et puis c’est mon idole », sourit-elle, Imany pense que ce rapprochement est faux. « Elle a une voix grave, moi aussi, elle fait du folk et moi un peu également, et les gens ont besoin d’avoir des références pour être rassurés en quelque sorte. Mais si on écoute vraiment, je pense que j’ai peu de rapport avec elle. Cette comparaison est une exagération ».

Faire vivre l’album

Sept ans à New York cependant, c’était quand même long. « Je suis d’une famille nombreuse (dix enfants, ndlr), et ma famille me manquait. Je suis donc rentrée à Paris en 2005 et ma sœur Fatou est devenue mon manager ». « The Shape Of A Broken Heart » a demandé quatre ans de travail, de 2008 à 2011. Le but d’Imany, outre sa tournée française, est maintenant de faire vivre l’album à l’international, en attendant le prochain. « Ce ne sera pas la même problématique » avoue-t-elle, « mais on en est pas là pour l’instant. Une chose après l’autre ».

Née en France, Imany a ses racines sur la Grande Comores, où vivent dorénavant ses parents retraités. « J’ai encore des attaches avec ce pays, où je suis allée encore l’an dernier ». La chanteuse suit la situation de la région. « J’ai entendu récemment des rumeurs sur un coup d’Etat aux Comores, et je regarde de loin la situation à Mayotte. Un mur a été érigé entre Mayotte et le reste de l’archipel  » analyse Imany. « Cela ne m’étonne pas que les Mahorais se révoltent actuellement. Ils ont voulu devenir un département, et la France c’est cher ! Leur taux de chômage est élevé, ils ont un faible taux d’alphabétisation, ils ont tout un tas de problèmes inhérents aux pays africains, sauf que c’est un département français. Je n’ai pas été surprise lorsque j’ai vu cette situation. Il fallait s’y attendre. Ils ont mal géré cette histoire de départementalisation, et ils sont en train de payer leur manque de réflexion  ».

Imany s’intéresse à la politique et ne s’en cache pas. « Je ne pense pas être une activiste mais j’ai mon opinion, je vote, et je suis scandalisée par certaines choses  ». « Par exemple », répond-t-elle quand on pousse un peu plus avant l’entretien, « je m’estime être une citoyenne de gauche, mais quand je vois la gauche qui est censée nous représenter paraît-il par François Hollande, je ne me sens pas du tout concernée. C’est une gauche tellement libérale que c’est une droite à la fraise (sic) ». Imany a beau chanter en anglais, elle a le sens de la formule française.

Imany, "Slow down" (août 2011)
Imany chante "Slow down" (Châtearoux, août 2011)

 

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