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Aimé Césaire et le PCF, une relation complexe

En cette année de commémoration du centenaire de la naissance d’Aimé Césaire, un essai revient sur les rapports complexes que le poète martiniquais a entretenus avec le Parti communiste français. 

Aimé Césaire (1913 - 2008) © DR
© DR Aimé Césaire (1913 - 2008)
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le

« Je crois en avoir assez dit pour faire comprendre que ce n’est ni le marxisme le communisme que je renie, que c’est l’usage que certains ont fait du marxisme et du communisme que je réprouve. (…) Je dis qu’il n’y aura jamais de variante africaine ou malgache, ou antillaise du communisme, parce que le communisme français trouve plus commode de nous imposer la sienne. (…) L’anticolonialisme même des communistes français porte encore les stigmates de ce colonialisme qu’il combat » (Aimé Césaire, Lettre à Maurice Thorez).

En octobre 1956, Césaire, alors député de la Martinique et membre du groupe communiste à l’Assemblée nationale, envoie sa lettre de démission du parti à Maurice Thorez, le secrétaire général du PCF. Son texte, qui sera publié par la presse, fait l’effet d’une petite bombe dans les milieux intellectuels et politiques de l’Hexagone et des Antilles. En novembre, l’écrivain est exclu de la Fédération communiste de Martinique, avant de créer plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM).

Qu’est ce qui explique un divorce aussi brutal avec un parti et un dirigeant qu’Aimé Césaire a par ailleurs encensés dans certains de ses écrits, un Césaire envoyé dans l’ex-URSS en mars 1953, juste après les funérailles de Staline, dont il chantera la gloire ?

C’est ce qu’essaie de comprendre l’écrivain et éditeur David Alliot, auteur de "« Le communisme est à l’ordre du jour », Aimé Césaire et le PCF", qui reconstitue avec précision l’itinéraire politique et littéraire du fondateur de la négritude, ses rapports avec le communisme, le surréalisme et les différents mouvements culturels dans le bouillonnement intellectuel qui caractérisait l’après-guerre.

L’ouvrage, très bien documenté, comporte des textes méconnus de l’écrivain martiniquais ainsi que des annexes provenant pour la plupart des archives du PCF. Cela permet de mieux appréhender toute la complexité du parcours communiste de Césaire, celui « d’un marginal et d’un humaniste ».

« Tiraillé entre son appartenance au parti de Maurice Thorez et ses amitiés surréalistes ; entre la liberté de création et le caporalisme imposé qui sévissait dans les fédérations ; entre les cultures nègre et européenne qui vivaient en lui, le député-maire de Fort-de-France n’a jamais réussi à concilier ses aspirations fondamentales » conclut David Alliot.

David Alliot - « Le communisme est à l’ordre du jour », Aimé Césaire et le PCF, de l’engagement à la rupture (1935 - 1957) – éditions Pierre-Guillaume de Roux, janvier 2013 - 383 pages – 26,90 euros.

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