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La Nouvelle-Calédonie crée son parc naturel de la mer de Corail

  • Par Caroline Marie, envoyée spéciale à Marseille
  • Publié le , mis à jour le

La Nouvelle-Calédonie a annoncé la création d’un parc naturel sur l’ensemble de sa zone économique exclusive d’ici avril 2014, dont la plus grande partie correspond à la mer de Corail. 

Anthony Lecren, ministre de l'économie et du développement durable de la Nouvelle-Calédonie et Kevin Iro, responsable du parc des îles Cook viennent de signer un accord de coopération bilatérale instaurant un jumelage de leurs Aires marines protégées, le jeudi 24 octobre à Marseille © Caroline Marie / Radio Outre-mer 1ere
© Caroline Marie / Radio Outre-mer 1ere Anthony Lecren, ministre de l'économie et du développement durable de la Nouvelle-Calédonie et Kevin Iro, responsable du parc des îles Cook viennent de signer un accord de coopération bilatérale instaurant un jumelage de leurs Aires marines protégées, le jeudi 24 octobre à Marseille
Lors de la réunion ministérielle organisée à Ajaccio dans le cadre du Congrès international des aires marines protégées, le ministre de l’économie et du développement durable de Nouvelle-Calédonie, Anthony Lecren, a annoncé la création d’un parc naturel marin sur l’ensemble de la zone économique exclusive du pays. Un parc dont le dispositif juridique sera officialisé en avril 2014 lors de la conférence Océania 21. Ce projet de société implique tous les Calédoniens et assure un développement économique durable de l’île. 
 

Le parc marin de Nouvelle-Calédonie

Un million 300 mille kilomètres carrés, soit la totalité de la zone économique exclusive (ZEE) de la Nouvelle-Calédonie vont être organisés en parc marin d’ici avril 2014. L’annonce officielle sera faite lors d’Océania 21, dont la seconde édition sera organisée les 28, 29 et 30 avril 2014 à Nouméa. La plus grande partie étant située dans la mer de Corail, il est possible que ce parc soit appelé Parc naturel de la mer de Corail. Cet outil permettra une gouvernance partagée et une meilleure gestion de cet espace soumis aujourd’hui à une diversité de réglementations, un véritable feuilleté administratif.
 

Un projet de société

Véritable projet de société, ce parc sera doté d’un Conseil de gestion composé de l’ensemble des acteurs du Territoire soit les provinces, le gouvernement, l’Etat, les scientifiques, les socioprofessionnels de la mer, la société civile et peut être des représentants des pays de la région. Outre le fait de sensibiliser la population à ses richesses, l’objectif est bien sûr, de mettre en place un développement durable de l’espace maritime de la Nouvelle-Calédonie : trouver l’équilibre entre conservation, exploitation de la richesse et développement économique.
 

Une méthode de travail

Le pays et l’Agence des aires marines protégées représentée en Nouvelle-Calédonie travaillent depuis près de 4 ans à l’élaboration de ce projet et organisent depuis plus d’un an des concertations avec l’ensemble de la population calédonienne. Des réunions pour sensibiliser la population au projet mais aussi connaître les usages en vigueur sur cet espace. Des rencontres qui ont été complétées par de nombreuses études scientifiques pour connaître au mieux les divers écosystèmes et déterminer ainsi les zones où se trouvent les enjeux écologiques et les enjeux socio-économiques. Et c’est en croisant ces enjeux que la ZEE de la Nouvelle-Calédonie a été organisée avec d’un côté des espaces réservés au développement économique durable, de l’autre des espaces naturels où les activités seront restreintes et enfin des espaces entièrement dédiés à la conservation.
 

Accompagner un développement durable des activités humaines

Les usages sont divers. Il y a tout d’abord l’activité minière localisée sur le Nord et le Sud de la Grande Terre. Une activité terrestre mais qui a un impact sur l’espace maritime. Mettre en place un parc naturel donnera au pays un outil supplémentaire pour contrôler l’impact des mines sur les écosystèmes marins.
En plus du nickel, la pêche thonière est l’une des principales filières économiques qui représente 2.500 à 3.000 tonnes de poissons par an. Une vingtaine de navires calédoniens opèrent sous licence à l’intérieur de la ZEE, espace interdit aux navires étrangers. La pêche traditionnelle est également importante mais difficilement quantifiable. Les transports maritimes sont en constante augmentation en raison du développement économique du littoral et en particulier du nickel. A cela s’ajoute le transport inter-îles et les paquebots de croisière également en forte augmentation. Les activités de tourisme et de plaisance fréquentent les atolls d’Encasteaux et de Chesterfield.
Bientôt, l’exploitation d’hydrocarbures, de ressources minérales et de biomolécules pourront se développer en Nouvelle-Calédonie, d’où l’intérêt d’un parc marin pour une gestion durable de la ressource. Diverses campagnes d’acquisition de connaissances ont été réalisées dans le cadre du programme ZoNéCo depuis 1990. Des ressources potentielles en hydrocarbures et en minerais polymétalliques (sulfures, encroutements) ont été identifiées. Concernant les biomolécules, des principes actifs pouvant entrer dans des applications médicales, cosmétiques ou industrielles, ont été isolés à partir de divers organismes vivants marins.
 

Un outil de rayonnement régional et international

Les aires marines protégées permettent d’assurer un développement durable des espaces mais elles permettent également au pays concerné d’assurer son rayonnement à l’échelle régionale et internationale.
Ce parc complète le dispositif mis en place par l’Australie. En 2010, la Nouvelle-Calédonie et l’Australie ont signé un accord pour coordonner leurs efforts de gestion concernant la mer de Corail. Les deux pays ne cachent pas leur souhait d’associer à moyen terme les trois autres Etats concernés que sont le Vanuatu, les îles Salomon et la Papouasie Nouvelle Guinée. En plus de ces partenariats, ce parc soutiendra le pays dans son rayonnement sur l’ensemble de la région.
 
La Nouvelle-Calédonie a d’ailleurs signé jeudi 24 octobre un accord de coopération bilatérale avec les îles Cook à Marseille lors du Congrès international des Aires marines protégées (AMP). Cet accord assure un jumelage des aires marines protégées des deux pays et un partage de compétences et d'expériences pour une meilleure gestion de leurs AMP. Les îles Cook viennent en effet de classer en parc naturel la quasi-totalité de leur espace maritime sans avoir défini au préalable son organisation. Ce sont les Iles Cook qui ont désormais le plus grand parc marin au monde et non plus Hawaï. Ce nouveau parc marin est très convoité par les Etats-Unis et l’Australie mais c’est aujourd’hui la France et la Nouvelle-Calédonie qui ont signé un accord avec les Iles Cook pour proposer à l’archipel des échanges de connaissances. La France pourra ainsi proposer des outils scientifiques et méthodologiques pour construire un projet au sein de leur parc marin.
 
Outre ces accords bilatéraux, le parc naturel de la mer de Corail donnera à la Nouvelle Calédonie une visibilité régionale. Au-delà d’Oceania 21, cette démarche est validée par le Forum des îles du Pacifique et bien sûr par le programme Pacific Oceanscape qui vise à gérer l’espace marin à l’échelle de l’océan Pacifique. Ce parc permettra par ailleurs au pays de se faire entendre dans des instances internationales. La Nouvelle-Calédonie pourra ainsi siéger au sommet sur le climat organisé à Paris en 2015. 

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