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Naissance officielle du CREFOM, le Conseil Représentatif des Français d'Outre-Mer

  • Par David Ponchelet
  • Publié le 31/01/2014 | 16:56, mis à jour le 16/02/2016 | 16:04

Il y avait la foule des grands jours, vendredi, dans les salons du ministère des Outre-mer pour l'acte de naissance officielle du CREFOM. Un Conseil Représentatif des Français d'Outre-Mer porté sur les fonts baptismaux par Patrick Karam et Victorin Lurel. 

© DP
© DP
Le CREFOM a deux papas, et l'un comme l'autre ne cachaient ni leur joie, ni leur complicité lors de la conférence de presse de présentation du nouveau Conseil représentatif. "C'est un jour historique", selon Patrick Karam, l'ancien délégué interministériel de Nicolas Sarkozy qui n'a pas tari d'éloges sur l'actuel ministre des Outre-mer :

"Merci à Victorin Lurel, nous savons ce que nous te devons, Victorin".






Dans la foulée, le nouveau président du CREFOM précise : "nous serons indépendants des pouvoirs publics". 

"Pas un fan club"

Devant une telle démonstration d'amitié, Victorin Lurel a précisé, prenant la parole après Patrick Karam : "Le CREFOM n'est pas un fan club du ministre des Outre-mer, je tiens à le dire à mon ami Patrick". Le ministre des Outre-mer a expliqué que le CREFOM allait "devoir conquérir sa légitimité (...)Il ne devra pas chercher à remplacer d'autres acteurs : les associations existantes ou les syndicats".

La définition du CREFOM

Dans son discours prononcé en présence de dizaines de personnalités des Outre-mer, pour beaucoup originaires des Antilles, Patrick Karam, visiblement ému, a donné sa vision du rôle du CREFOM.
Les formules de l'ancien délégué interministériel rappellent d'ailleurs le style de Nicolas Sarkozy, son modèle en politique :


"Nous serons un véritable lobby pour l'Outre-mer, même s'il paraît qu'il ne faut pas prononcer ce terme (...) nous agirons en dehors de tout communautarisme (...) Le CREFOM est ouvert à tous les Républicains (...) Nous représenterons l'ensemble des Outre-mer dans leur diversité".













Le président de la nouvelle structure précise qu'il se donne 18 mois pour installer le Conseil Représentatif "partout en France".
Ecoutez la définition du CREFOM donnée par son président, Patrick Karam.
Il est interviewé par Célia Cléry, de radio Outre-mer 1ère.

Fichier audio

Patrick Karam / CREFOM
Ecoutez à présent la vision du CREFOM de Victorin Lurel, le ministre des Outre-mer:

Fichier audio

Victorin Lurel / CREFOM


Au delà des clivages

Parmi les nombreuses personnalités présentes dans les salons du ministère, deux anciens ministres de l'Outre-mer étaient là pour signifier leur adhésion au CREFOM: Dominique Perben, ministre dans le gouvernement d'Edouard Balladur entre 1993 et 1995 ainsi que Brigitte Girardin, ministre de Jacques Chirac de 2002 à 2005. Aujourd'hui à la délégation de la Polynésie à Paris, Brigitte Girardin confie :


"Je trouve cette initiative très positive et je suis enthousiaste. Nos concitoyens ont trop le regard tourné vers l'hexagone".









Et l'ancienne ministre de préciser que s'il avait pu, Jacques Chirac, d'ailleurs invité par Patrick Karam et Victorin Lurel, aurait certainement été présent à la première assemblée générale du CREFOM.

Qui est dans le CREFOM ?

Le conseil d'administration est présidé par Patrick Karam. Il compte trois vice-présidents: le sénateur de Guyane Georges Patient, le comédien Jean-Michel Martial, et le président du Cifordom José Pentoscrope. Il y a également six vice-présidents délégués: Ericka Bareigts, Karien Claireaux, Marijosé Alie, Michel Lauret, Serge Romana et Claudy Siar. La structure plutôt complexe du Conseil montre bien la difficulté qu'il y a à réunir les Outre-mer dans une seule et même entité sans oublier ni froisser personne. Regardez le détail du conseil d'Administration, composé de 93 membres :  
 Ecoutez Patrick Karam qui explique les difficultés à unir l'ensemble des Outre-mer:

Fichier audio

Patrick Karam / un modèle à batir

Quel budget de fonctionnement ?

Selon Patrick Karam, le budget du CREFOM est inexistant à ce jour, et la structure ne compte aucun salarié. Tous les membres sont bénévoles. Comment le Crefom est il financé ? Par les cotisations des adhérents, 10 euros par personne. Mais le CREFOM "n'exclut pas de faire appel aux subventions publiques et aux partenaires privés, sous réserve que cela ne nuise pas à sa complète indépendance". L'adresse officielle du CREFOM est celle d'un local prêté par Jean-Michel Martial, vice-président du conseil d'administration. A terme, le CREFOM sera logé dans la future "Cité des Outre-mer".

L'absence de Sophie Elizéon

La déléguée interminsitérielle à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer n'était pas présente à la conférence de presse de lancement du CREFOM. Elle avait émis, il y a quelques jours, des réserves sur la représentativité de cette nouvelle structure. Interrogé sur cette absence, Victorin Lurel explique : "je ne sais pas.  Il y a un problème que je peux comprendre, institutionnel. Moi, ministre, je ne suis pas formellement dans l'association. Même si je suis impliqué. Il faut trouver comment travailler: une déléguée interministérielle à l'intérieur d'un conseil représentatif, ça peut poser des problèmes de conflits d'intérêts"...
 

Quelques photos de la conférence de presse

 

Patrick Karam: les pétroliers "devront répondre de leur attitude méprisante vis à vis de l'Outre-mer"

Pour sa première déclaration en tant que président du CREFOM, Patrick Karam ne fait pas dans la langue de bois :
"Le Crefom a toute sa place dans le débat qui s'ouvre aujourd'hui et toute sa place face à un lobby (NDLR : les pétroliers) qui agit dans le silence des médias nationaux. On aurait pas toléré que dans l'hexagone un groupe pétrolier décide de prendre en otage des stations-service et des populations. Cela aurait été un tollé extraordinaire. Là c'est en Outre-mer alors on le tolère parce que personne n'en parle. Moi je leur dis: ce qui est bon pour les oies est bon pour les canards, autrement dit ce qu'ils ne feraient pas dans l'hexagone, ils n'ont pas à le faire en Outre-mer. A un moment il faudra qu'ils s'expliquent. Total, Exxon, devront répondre de l'attitude méprisante vis à vis de nos compatriotes d'outre-mer."

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