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Scientifiques d'outre-mer : Marjorie Abraham-Boulogne, une cardiologue qui rêve de retour au pays natal

La suite de notre dossier sur les scientifiques d'Outre-mer avec le portrait d'une cardiologue guadeloupéenne.  Marjorie Abraham-Boulogne vient de se voir décerner un prix pour sa thèse sur l'inflammation des biomarqueurs dans l'insuffisance cardiaque. 

Marjorie Abraham-Boulogne devant l'hôpital Saint-Joseph à Paris © Cécile Baquey
© Cécile Baquey Marjorie Abraham-Boulogne devant l'hôpital Saint-Joseph à Paris
  • Par Cécile Baquey
  • Publié le , mis à jour le
A l'hôpital Saint-Joseph à Paris, Marjorie Abraham-Boulogne, 29 ans, marche d'un pas rapide. Les couloirs, les services n'ont plus aucun secret pour elle. Chef de clinique depuis septembre, cette Guadeloupéenne a gravi très vite les échelons qui ont fait d'elle une cardiologue. Son parcours est exemplaire. Elle est reçue 12e sur 800 au concours de médecine à Paris Descartes dans le 6e arrondissement. La jeune femme qui remercie à chaque phrase ses parents de l'avoir soutenu, est une bûcheuse. 


Marjorie Abraham-Boulogne, dans son bureau à l'hôpital Saint-Joseph © Cécile Baquey
© Cécile Baquey Marjorie Abraham-Boulogne, dans son bureau à l'hôpital Saint-Joseph


Une blessure familiale

Native de Pointe-à-Pitre, Marjorie Abraham-Boulogne a dû quitter son île natale à l'âge de 8 ans de manière brutale. "Mes parents n'ont pas eu le choix. Ma grande soeur avait une leucémie. Nous sommes venus à Paris dans l'espoir qu'elle guérisse. Elle a été prise en charge à l'hôpital Henri Mondor à Créteil. Je me souviens très bien de l'équipe médicale et de la gentillesse avec laquelle ils nous ont soutenu". La soeur de Marjorie Abraham-Boulogne est décédée à l'âge de 16 ans après deux ans de lutte contre la maladie. La jeune femme pense que cette expérience l'a forgé à jamais et a fait naître en elle une vocation. Regardez cette vidéo dans laquelle, Marjorie Boulogne-Abraham explique ce qui l'a poussé à devenir cardiologue.

Marjorie Boulogne-Abraham

La mercerie Chez Tatie

Marjorie Abraham-Boulogne a suivi toute sa scolarité à Notre-Dame de Sion, dans le très chic 6e arrondissement de Paris, tout en passant une grande partie des vacances scolaires en Guadeloupe. Son père Libanais d'origine mais surtout Guadeloupéen passait son temps à faire des aller-retour entre Paris et Pointe-à-Pitre pour veiller sur la fameuse mercerie familiale "Chez Tatie". "Moi aussi j'ai travaillé Chez Tatie", précise Marjorie Abraham-Boulogne. La jeune femme s'avoue très fière de sa grand-mère, Ghylaine Fadoul Abraham, la fondatrice du magasin qui, à plus de 80 ans, tient toujours la boutique favorite des carnavaliers.

Retour au pays natal

Côté maternelle, Marjorie Abraham-Boulogne a des racines vietnamiennes. Elle compte de nombreux cousins à Montpellier et à La Réunion. La jeune cardiologue se sent avant tout Guadeloupéenne et elle ne cache pas son envie de poursuivre d'ici 3 à 4 ans sa carrière de cardiologue sur son île natale. Son mari, chef d'entreprise, lui aussi guadeloupéen, en rêve.

Le prix Accelli

Ici à Paris, pleins de projets accaparent la jeune femme. A l'hôpital Saint-Joseph, elle assure chaque semaine ses vacations en cardiologie, échographie cardiaque et tests d'effort, mais il y a aussi la recherche avec une équipe de Lariboisière. Et puis, grâce à sa thèse sur l'inflammation des biomarqueurs dans l'insuffisance cardiaque, elle vient de décrocher le prix Accelli qui récompense la meilleure thèse en cardiologie 2013. Cette récompense lui a été remise lors d'une cérémonie, le 18 janvier dernier, au Palais des congrès de Paris.

Marjorie Abraham-Boulogne









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