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Les grandes lignes de l'affaire "Roukia": l'histoire sans fin

  • Par Léia Santacroce
  • Publié le 07/07/2014 | 19:01, mis à jour le 08/07/2014 | 08:19

Mis en examen pour viol et placé en détention provisoire à La Réunion, le juge d'instruction en charge de l'affaire "Roukia" pourrait être dessaisi du dossier. L'occasion pour la1ere.fr de revenir sur les grandes lignes de cette affaire.

Le tribunal de 1ère instance, à Mamoudzou © SOPHIE LAUTIER / AFP
© SOPHIE LAUTIER / AFP Le tribunal de 1ère instance, à Mamoudzou
Un juge d'instruction mis en examen pour viol et placé en détention provisoire, ce n'est déjà pas banal. Mais quand il s'agit du juge en charge de l'affaire dite "Roukia", le fait divers prend une autre ampleur. Le juge d'instruction Hakim Karki, en poste au tribunal de Mamoudzou à Mayotte, a été mis en examen et incarcéré lundi soir à La Réunion. Il pourrait donc être dessaisi du dossier "Roukia", qu'il instruit depuis trois ans. L'occasion pour la1ere.fr de revenir sur les grandes lignes de cette affaire.
 

Une jeune fille meurt d'une overdose

Roukia, c'est le nom d'une jeune fille de 18 ans retrouvée morte sur la plage de Trévani au nord de Mamoudzou, à Mayotte, le 15 janvier 2011. Les enquêteurs établissent rapidement la cause du décès : overdose d'héroïne, une drogue dure pourtant très peu présente sur l'île. Les enquêteurs mettent rapidement la main sur deux dealers comoriens, lesquels affirment que la dose fatale provenait… des gendarmes. C'est le début d'une longue enquête aux multiples rebondissements.

 

Un système présumé d'importation de drogue

Le juge en charge de l'instruction du dossier s'appelle Hakim Karki. Six mois après la macabre découverte, il met en examen deux policiers et un gendarme, tous trois membres du groupement d'intervention régional de Mayotte (GIR). Hakim Karki les suspecte d'avoir organisé un système bien huilé d'importation illégale de drogue à Mayotte. Objectif? Toucher des primes en gonflant les chiffres de saisies de drogue et d'arrestations de dealers.
 
Un comble pour le GIR ! Créé en 2008, le but de ce groupement est initialement de lutter contre toutes sortes de trafics. Il regroupe des policiers, des douaniers, des agents fiscaux et des gendarmes. Hakim Karki suspecte le GIR d'avoir fait appel à un réseau d'indicateurs comoriens pour acheminer de la drogue sur des kwassa-kwassa contre l'obtention supposée de cartes de séjour.
 

Les mises en examen se multiplient

En novembre 2013, coup de théâtre, l'ex-patron du GIR, Gérard Gautier, capitaine de gendarmerie à la retraite, est interpellé à Rennes (voir la vidéo i-Télé ci-dessous). Il est mis en examen pour "trafic de stupéfiants". Deux mois plus tard, un autre gendarme du groupe d'intervention régionale de Mayotte, Christophe Lemignant, est mis en examen pour "complicité d'importation illicite de stupéfiants".

 

Des pressions pendant l'enquête 

La mise en cause du GIR n'est pas du goût de tous. Hakim Karki n'a eu de cesse de dénoncer des pressions au cours de l'enquête. Le Procureur de Mayotte de l'époque, Philippe Faisandier, aurait tenté de freiner la mise en examen des fonctionnaires. Il a également essayé de faire dépayser le dossier à La Réunion, sans succès (voir cet article du Point sur le sujet). Hakim Karki a donc bien failli être dessaisi du dossier à plusieurs reprises. C'est finalement cette accusation de viol qui pourrait lui coûter l'instruction de l'affaire "Roukia".

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