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Biodiversité : l'interdiction de la pêche au chalutage en eau profonde rejetée par les députés dont deux d’Outre-mer

  • Par Cécile Baquey
  • Publié le 20/03/2015 | 16:25, mis à jour le 20/03/2015 | 17:29

L'Assemblée nationale a refusé ce jeudi d'interdire le chalutage en eau profonde comme le proposaient les écologistes. Parmi ces voix opposées à l’interdiction : Serge Letchimy, député de la Martinique et Chantal Berthelot de la Guyane. Cette technique de pêche est pourtant interdite en Polynésie. 

Les ramendeurs d'un chalutier-industriel à la manoeuvre du chalut-pélagique © Marcel Mochet/AFP
© Marcel Mochet/AFP Les ramendeurs d'un chalutier-industriel à la manoeuvre du chalut-pélagique
Depuis des années, de nombreux scientifiques et associations environnementales dénoncent  le chalutage en eau profonde. Cette technique de pêche est jugée terriblement néfaste pour les océans. C’est donc dans cet esprit que Laurence Abeille, chef de file des députés écologistes sur le projet de loi pour la biodiversité, a déposé un amendement en vue de son interdiction. Il a été rejeté par 16 voix contre treize. Parmi les trois députés d’Outre-mer présents, deux ont voté contre : Serge Letchimy de la Martinique et Chantal Berthelot de la Guyane. Maïna Sage de la Polynésie a voté pour. L'amendement proposé ne fixait aucune date d'application, la renvoyant à un décret du gouvernement.
 

Maina Sage : "C'est interdit en Polynésie"

Pour Maïna Sage, députée de la Polynésie, il était logique de voter pour cette interdiction. Contactée par la1ere, elle explique : "La pêche au chalutage en eau profonde est une pratique interdite en Polynésie. Je comprends que des députés puissent s’inquiéter des répercussions à court terme de l’interdiction de ce type de pêche. Mais si l’on raisonne à long terme, c’est un investissement pour l’avenir, souligne Maïna Sage. Nous-mêmes en Polynésie nous sommes victimes de ces bateaux qui détruisent la ressource dans les eaux internationales. Heureusement nous sommes compétents dans le domaine de la pêche. Et grâce à nous, 47 % des eaux maritimes françaises (qui se trouvent en Polynésie) ne connaissent pas la pêche au chalutage en eau profonde".
 
Maina Sage, députée de la Polynésie © DR
© DR Maina Sage, députée de la Polynésie


Ségolène Royal contre l'amendement

Selon ses détracteurs, la pêche en grande profondeur ne concerne qu'une douzaine de navires français, mais elle abîme les sols marins et fragilise des espèces menacées. Ségolène Royal, après avoir rappelé sa "mobilisation" contre cette pratique de pêche qui fait "beaucoup de dégâts", et insisté sur sa "pression très forte sur les instances européennes", s'est opposée à l'interdiction. La ministre de l'Ecologie a donc appelé à voter contre cet amendement. Ségolène Royal s’est justifiée en déclarant à l’Assemblée nationale : "S'il y a une interdiction unilatérale, cela ne s'appliquera qu'aux bateaux français, ce qui n'est pas acceptable pour la survie de la filière pêche."
 
Ségolène Royal à L'Institut océanographique de Paris © CB
© CB Ségolène Royal à L'Institut océanographique de Paris

Les explications de Serge Letchimy et Chantal Berthelot

C’est dans cet esprit que Serge Letchimy a voté contre l’interdiction du chalutage en eau profonde. Contacté par la1ère, le député de la Martinique s’en explique : "J’ai préféré suivre la position de la ministre. C’est un sujet important, mais il faut prendre le temps de la concertation. Il faudra arrêter cette pratique de pêche quand on aura trouvé des solutions".  Chantal Berthelot a confié à la1ère : "J’appartiens au groupe socialiste, il y a une certaine discipline, souligne la députée de Guyane. C’est un sujet dont il faut prendre le temps de parler. Nous avons en France des bateaux de pêche en eau profonde qu’il faut accompagner dans leur reconversion".
 

Mauvais signe avant la COP 21 ?          

A l’Assemblée nationale, le député Noël Mamére s’est exclamé : "Ça ne correspond pas à la loi sur la transition écologique et représente un très mauvais signe à la veille de la Cop21", organisée à Paris en décembre. 

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