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Manuel Valls : "Nous ne sommes pas tous descendants de Gaulois, mais nous sommes tous français !"

  • Par Léia Santacroce
  • Publié le , mis à jour le

En ce 10 mai, journée des mémoires de la traite et de l’esclavage, François Hollande était en Guadeloupe. A Paris, c'est le Premier ministre qui a participé à la cérémonie organisée au jardin du Luxembourg. Il a prononcé un discours fédérateur, se référant à l’esprit du 11 janvier.

10 mai 2015, Manuel Valls au jardin du Luxembourg. © Léia Santacroce
© Léia Santacroce 10 mai 2015, Manuel Valls au jardin du Luxembourg.
En raison de l’absence de François Hollande (excusé pour cause d’inauguration du Mémorial ACTe en Guadeloupe), c’est le Premier ministre, Manuel Valls, qui a assuré l’intérim à la traditionnelle cérémonie du 10 mai, à Paris, au jardin du Luxembourg. A l’occasion de la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage, et des abolitions, le Premier ministre a prononcé un discours fédérateur. Il a appelé à l’esprit républicain du 11 janvier et à un nécessaire "réveil des consciences", dénonçant une "tendance néfaste à la concurrence entre les mémoires".
 

Priorité à l’enseignement de l’histoire de l’esclavage

Plein d’emphase, Manuel Valls a eu cette phrase tonitruante : "Nous ne sommes pas tous descendants de Gaulois, mais nous sommes tous français !". Référence à l’histoire parcellaire qui a longtemps été enseignée dans les manuels scolaires. A ses côtés, la ministre de l’Education, Najat Vallaud Belkacem, a vivement acquiescé. (Son ministère travaille actuellement à une réforme des programmes qui rendrait obligatoire l’étude de la période de l’esclavage, ndlr.)
 
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Paris pour cette 10e cérémonie du 10 mai. © Léia Santacroce
© Léia Santacroce Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Paris pour cette 10e cérémonie du 10 mai.

Après avoir salué l’initiative du Mémorial ACTe guadeloupéen, "pendant du Mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes", le Premier ministre s’est dit favorable à la disparition du mot "race" dans la Constitution. Devant une foule clairsemée – quelques centaines de personnes rassemblées dans les allées ombragées du parc –, Manuel Valls a également laissé entendre qu’un grand immeuble parisien (l’hôtel Gaillard, Paris 17e), pourrait devenir, lui aussi, un lieu de mémoire de l’esclavage (projet soutenu par plusieurs associations, ndlr).
 

A quand une cérémonie nationale ouverte à tous ?

Dans le public, certains applaudissent, d’autres écoutent d’une oreille distraite. L’historien Marcel Dorigny marmonne que ces cérémonies du 10 mai au jardin du Luxembourg sont devenues obsolètes. "Tous ces invités triés sur le volet, c’est dommage, déplore-t-il. Il faudrait que ce soit organisé sur une grande place publique et ouvert à tous." 


Quelques heures plus tôt, les dits invités ont pu assister au discours de François Hollande retransmis en direct de la Guadeloupe, depuis le Mémorial ACTe (centre caribéen d’expressions et de mémoires de la traite et de l’esclavage). Une prise de parole largement applaudie par l’auditoire parisien, visiblement ému.

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