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Le plasticien anglo-sud-africain Bruce Clarke réalise une fresque murale de Frantz Fanon à Vénissieux

  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le

A l’issue de sa résidence d’artiste à Vénissieux, le plasticien anglo-sud-africain Bruce Clarke vient d’achever une fresque murale en hommage au psychiatre martiniquais Frantz Fanon ainsi qu’aux enfants juifs sauvés du camp de la ville durant la 2e Guerre mondiale.

La fresque murale de Frantz Fanon réalisée par le plasticien anglo-sud-africain Bruce Clarke, inaugurée à Vénisieux en juillet 2015. © Bruce Clarke
© Bruce Clarke La fresque murale de Frantz Fanon réalisée par le plasticien anglo-sud-africain Bruce Clarke, inaugurée à Vénisieux en juillet 2015.
La fresque murale de Bruce Clarke se trouve avenue Pierre Sémard à Vénissieux, juste à côté de Lyon. Le lieu n’est pas très pittoresque, mais, situé à un carrefour, le travail réalisé par le plasticien anglo-sud-africain à l’issue d’une résidence d’un mois est bien visible. « J’ai travaillé de la mi-juin à la mi-juillet, quasiment tous les jours pour être dans les délais, et ça a été très dur durant la vague de chaleur » a confié Bruce Clarke à La1ere.fr.
 
Le titre de l’oeuvre est « Savoir dire non », inspiré par la grande résistante française Lise London (1916 – 2012), qui vécut longtemps à Vénissieux. Au premier plan de la fresque on reconnaît le psychiatre et essayiste martiniquais Frantz Fanon, qui fit ses études de médecine à Lyon, auteur de « Peau noire, masques blancs » et des « Damnés de la terre », deux ouvrages incontournables de la littérature anticoloniale. Au dessus de lui, des images d'enfants juifs de Vénissieux sauvés du camp de cette ville qui les destinait à l’extermination nazie.
 
« J’avais des idées précises au départ mais le choix de l’oeuvre s’est également fait à la suite de discussions collectives avec une quarantaine d’habitants de Vénissieux », explique Bruce Clarke. « Au final les réactions du public ont été très bonnes. Les gens et même les voitures s’arrêtent devant la fresque, ça fait des embouteillages ! » 
 

"Vivre autrement, différemment et mieux"

« Tous les résistants, de Lise London à Frantz Fanon, en passant par ceux qui ont sauvé les enfants juifs de Vénissieux (grâce à une action citoyenne), ont non seulement résisté, mais ont aussi lutté pour vivre autrement, différemment et mieux. Résister ne veut pas seulement dire être contre, c’est aussi affirmer que l’on est pour. Pour une proposition de vie », écrit aussi Bruce Clarke dans la note de présentation de son projet.
 
« A la fois célèbre et inconnu, puisque naturellement irrécupérable, son œuvre écrite a posé toutes les bases de ce qu’on appelle aujourd’hui le vivre-ensemble » poursuit l’artiste en évoquant Frantz Fanon. « Il est aussi l'un des fondateurs du courant tiers-mondiste. Durant toute sa vie, il a cherché à analyser les conséquences psychologiques de la colonisation, tant au niveau du colon que du colonisé lui-même. Il a examiné le processus de décolonisation sous les angles sociologique, philosophique et psychiatrique. Nous, aujourd’hui, nous sommes toujours pris au piège de cette décolonisation qui a mal cicatrisé. C’est – qu’on l’avoue ou pas – notre problématique de chaque jour. »

L’artiste anglo-sud-africain Bruce Clarke. © DR
© DR L’artiste anglo-sud-africain Bruce Clarke.

Bio-express

Bruce Clarke est né en 1959 à Londres de parents sud-africains. Il a étudié les Beaux Arts à l’université de Leeds en Grande-Bretagne avant de s’installer à Paris à la fin des années quatre-vingt. Plasticien et photographe, son oeuvre, résolument engagée, est construite sur une réflexion sur l’histoire contemporaine et sa transmission. Comme photographe, Bruce Clarke a réalisé des reportages sur l’Afrique du Sud, la reconstruction du Rwanda, l’Ethiopie, la Palestine et les réfugiés libériens. Son oeuvre picturale compte de nombreuses séries ayant pour thèmes les luttes sociales, les droits humains, l’Afrique et les processus de domination. Son travail a un retentissement international et a été présenté sur tous les continents.
En 2002, Bruce Clarke a été artiste en résidence en Guadeloupe, sur invitation du Conseil général du département. À la fin de son séjour, il a réalisé une exposition intitulée : "Fragments d'une Histoire de Demain", qui traite du lien entre l'esclavage, le colonialisme et la mondialisation. (Son site internet ici).

"Lois du marché, bêtes de somme", aquarelle et collage sur papier de Bruce Clarke, réalisée en 2002 en Guadeloupe. © Bruce Clarke
© Bruce Clarke "Lois du marché, bêtes de somme", aquarelle et collage sur papier de Bruce Clarke, réalisée en 2002 en Guadeloupe.

 

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