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Les peuples autochtones veulent se faire entendre à la Conférence climat

A la veille de la Conférence climat, des représentants des peuples autochtones se sont réunis au Musée de l’Homme en présence de Nicolas Hulot. Ils sont les victimes d’un changement climatique qu’ils n’ont pas provoqué. Parmi eux, un Marquisien et un Kalin'a de Guyane.

Marishöri Najashi, réprésentante Ashaninka du Pérou, Puwé, représentant Puyanawa du Brésil et Mundiya Kepanga, chef traditionnel du peuple Huli en Papouasie-Nouvelle-Guinée © CB
© CB Marishöri Najashi, réprésentante Ashaninka du Pérou, Puwé, représentant Puyanawa du Brésil et Mundiya Kepanga, chef traditionnel du peuple Huli en Papouasie-Nouvelle-Guinée
  • Par Cécile Baquey
  • Publié le , mis à jour le
Le Musée de l’Homme a organisé cette semaine un colloque consacré aux peuples autochtones face aux changements climatiques en présence de Nicolas Hulot. Parmi eux, le cacique Raoni, le grand chef du peuple Kayopo au Brésil qui a mené pendant longtemps un combat contre le projet de grand barrage de Belo Monte. Il appelle aujourd'hui tous les représentants des peuples autochtones à se joindre à lui dans une Alliance des gardiens de la Mère nature.   
Le cacique Raoni, Grand chef du peuple Kayapo (Brésil) et Nicolas Hulot © CB
© CB Le cacique Raoni, Grand chef du peuple Kayapo (Brésil) et Nicolas Hulot

 

Trois représentants des peuples Ashaninka et Puyanawa du Brésil et du Pérou sont également venus à l'invitation du Musée de l'Homme. Ils ont présenté dans un film leur Ecole des savoirs, grâce à laquelle les enfants apprennent à cultiver tout en préservant la nature. "Notre manière de vivre est bonne pour l'environnement. Nous avons une grande richesse culturelle, 47 langues, mais aujourd'hui notre médecine, nos savoirs sont en danger de mort", souligne Marishori Najashi, représentante du peuple Ashaninka.
Jiribati et Puwê, représentants des peuples Ashaninka et Puyanawa © CB
© CB Jiribati et Puwê, représentants des peuples Ashaninka et Puyanawa

 

Les peuples autochtones sont les premières victimes de changements climatiques qu’ils n’ont pas provoqués. Mais surtout ils ont bien du mal à faire entendre leurs messages dans leurs propres pays. La France, par exemple, n’a toujours par ratifié la Convention 169 de l’OIT (Organisation internationale du travail) qui reconnaît le droit des peuples autochtones. Jean-Aubéric Charles, secrétaire de conseil consultatif des peuples amérindiens et bushiningués de Guyane ne comprend pas cette décision.
Jean Aubéric Charles, Chef coutumier de Guyane © CB
© CB Jean Aubéric Charles, Chef coutumier de Guyane

Les projets miniers, les grands barrages, la déforestation et l’orpaillage illégal empoisonnent la vie des peuples autochtones. Aujourd'hui s’ajoute le changement climatique : l’injustice de trop. Regardez ce reportage de La1ère :

Les Amérindiens veulent se faire entendre à la COP21

Maoris et Polynésiens dans la même pirogue

"Nous vivons une crise de civilisation, de culture, déclare Nicolas Hulot au Musée de l'Homme. Et si tous ces représentants des peuples autochtones décidaient du sort de l'humanité, je serais plus rassuré", conclue-t-il.

Mundiya Kepanga  le chef traditionnel du peuple Huli (Papouasie-Nouvelle Guinée) ajoute : "je ne sais lire, ni écrire, mais je vais vous dire ce qui rend tristes les gens de mon village. Autrefois, nous pensions que le soleil était loin de nous, mais depuis huit ans nous avons l'impression que le soleil s'est approché de notre planète. Chez moi nous donnons des noms aux nuages. Et bien Kinu et Popo qui faisaient pousser nos récoltes ne viennent plus sur nos terres". 

Mundiya Kepanga, chef traditionnel du peuple Huli (Papouasie-Nouvelle-Guinée) © CB
© CB Mundiya Kepanga, chef traditionnel du peuple Huli (Papouasie-Nouvelle-Guinée)
"Aujourd'hui nous sommes obligés de boire une eau polluée, poursuit Mundiya Kepanga, c'est comme si je vous obligeais à boire l'eau de la Seine. Vous ne seriez pas contents ! Le chef du peuple Huli ajoute : "nous avons donné le feu aux étrangers. Nous n'avons pas suivi les conseils de nos ancêtres qui nous disaient juste d'être gentils, mais de ne pas donner le feu. Aujourd'hui, le gaz, le pétrole sont exploités. Je ne sais pas si c'est cela qui est à l'origine du changement climatique, mais je crois que mes ancêtres avaient raison".

Pascal Erhel, chef du projet UNESCO Marquises, sur les aires marines protégées et George Nuku, artiste Maori © CB
© CB Pascal Erhel, chef du projet UNESCO Marquises, sur les aires marines protégées et George Nuku, artiste Maori
Pascal Erhel a coutume de commencer ses discours en déclarant qu'il vient des îles les plus belles du monde. "Et ce n'est pas moi qui le dit, ajoute-t-il, mais les explorateurs, Gauguin, Jacques Brel !" Le grand Marquisien se félicite du renouveau de sa culture. "La navigation sans instrument sur des pirogues à deux voiles est réapparue chez nous, raconte-t-il. Dans les années 60, l'histoire de la Polynésie a été marquée par une période sombre avec les essais nucléaires. L'atoll de Mururoa s'est affaissé. Je pense qu'il faudrait utiliser ce site pour en faire un observatoire du changement climatique", conclue-t-il. 

Les essais nucléaires, la Nouvelle-Zélande a farouchement lutté contre, mais ce n'est pas ce qu'est venu dire George Nuku. Cet artiste Maori mène un travail original sur les déchets plastiques et la pollution. Il en fait des oeuvres d'art. "Nous les Maoris, nous nous sommes toujours adaptés, dit-il. Nous devons repenser notre relation au plastique et le transformer, tout en nous transformant."
Regardez ce reportage de La1ère :.

Peuples du Pacifique face au changement climatique

 

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