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Haïti la créatrice au menu de la rentrée littéraire d’hiver

  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le

Cinq ouvrages d’écrivains haïtiens sont au menu de la rentrée littéraire d’hiver, au mois de janvier. On y trouve l’académicien Dany Laferrière, Lyonel Trouillot, Evains Wêche, Makenzy Orcel et le grand poète et romancier René Depestre. 

Quelques ouvrages d'auteurs haïtiens qui marquent la rentrée littéraire d'hiver 2015. © DR
© DR Quelques ouvrages d'auteurs haïtiens qui marquent la rentrée littéraire d'hiver 2015.
Dynamique littérature haïtienne. Au mois de janvier, elle sera en bonne place de la rentrée culturelle. Pas moins de cinq livres haïtiens figureront en effet dans les librairies.
 
A tout seigneur tout honneur. Commençons par le doyen des lettres haïtiennes, le talentueux René Depestre, qui fêtera ses 90 ans en 2016. Ce dernier publie « Popa Singer » (éditions Zulma, à paraître en février), l’histoire d’une « maman-bobine de fil » armée de sa machine à coudre et d’une volonté farouche qui va affronter Papa Doc, le plus sanglant dictateur de l’histoire d’Haïti. Popa Singer « fera planer son cerf-volant enchanté dans l’azur féminin de l’histoire, en mère nourricière, ravie d’alimenter en brins de toute beauté la machine Singer à coudre les beaux draps d’un réel-merveilleux germano-haïtien. ». René Depestre, prix Goncourt de la nouvelle en 1982 et prix Renaudot en 1998, n’a rien perdu de son humour et de sa verve caustique.
 
Autre monument de la littérature, le Canadien d’origine haïtienne Dany Laferrière, nouvel académicien, fait la rentrée de janvier avec « Mythologies américaines » (éditions Grasset). Cet ouvrage rassemble les premiers romans de l’écrivain, marqué par son expérience des Etats-Unis. Voici ce qu’en dit l’auteur : « J’avais l’impression que tout se jouait là. Je ne voulais écrire, à l’époque, qu’un seul livre. Un livre qui raconterait l’Amérique et ses dévorantes mythologies : la vitesse qui permet de traverser un paysage sans fin, le désir tenu en laisse comme un chien enragé par une Lolita d’un bled perdu, le succès toujours inattendu et hors de proportion, et toute cette bondieuserie qui dégouline de la bouche des pasteurs noirs et des politiciens blancs. La caméra lentement se déplace des paysages vers les visages et l’on voit dansant la java new-yorkaise, ce cocktail de violence et de sexe colorés : Martin Luther King et Norman Mailer, Spike Lee et Calvin Klein, James Baldwin et Madonna, Truman Capote et Naomi Campbell. Le bruit de la Remington 22, unique chant de cette aube. »

L'écrivain haïtien Makenzy Orcel. © Francesco Gattoni
Né à Port-au-Prince en 1983, Makenzy Orcel (photo) est quant à lui l’une des figures montantes de la littérature haïtienne. Après « Les Immortelles », un premier livre salué par la critique, l’auteur revient avec « L’Ombre animale » (éditions Zulma), un roman sombre et onirique, critique violente du patriarcat et du sort réservé aux femmes. Tout commence par la voix d’une défunte : « Je suis le rare cadavre ici qui n’ait pas été tué par un coup de magie, un coup de machette dans la nuque ou une expédition vaudou, il n’y aura pas d’enquête, de prestidigitation policière, de suspense à couper le souffle comme dans les films et les romans – et je te le dis tout de suite, ce n’est pas une histoire –, je suis morte de ma belle mort, c’était l’heure de m’en aller, c’est tout ».
 
Dentiste de profession, mais également animateur culturel dans la ville de Jérémie en Haïti, Evains Wêche signe de son côté un premier roman intitulé « Les Brasseurs de la ville » (éditions Philippe Rey, à paraître en janvier). Un livre dur qui raconte l’histoire d’une famille pour sa survie, et la descente aux enfers de leur fille, dont la beauté est l’espoir d’élévation sociale, aux mains d’un personnage fortuné et maléfique. Une épopée dans la pauvreté et le foisonnement tentaculaire de la capitale haïtienne Port-au-Prince.
 
Enfin, le grand Lyonel Trouillot revient avec un nouveau roman, « Kannjawou », aux éditions Actes Sud. Fidèle à son exploration clinique de la société haïtienne, Trouillot se penche sur les aspirations déçues de jeunes gens, qui rêvent et refont le monde le soir venu dans l’ambiance surchauffée du bar « Kannjawou ». Un lieu pittoresque et perdu au mitan de la violence du monde.
 

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