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A l’Assemblée Nationale, Saïd Ahamada enfant de Marseille et de l’océan Indien

Le nouveau député en Marche de la 7ème circonscription de Marseille est né à La Réunion. Son père est Comorien.

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  • Par Tessa Grauman
  • Publié le
Certains lui trouvent un faux air de Barack Obama. Saïd Ahamada, 44 ans, est un des nouveaux visages de la génération en Marche. Il a été élu député de la 7ème circonscription de Marseille avec 58,39% face à la candidate du Front National, Sophie Grech. Il est lui-même un enfant des quartiers nord où il est arrivé à l’âge de trois ans, après une petite enfance passée au Tampon à la Réunion, d’où sa mère est originaire.

« Le déclic politique, c’est Ibrahim Ali »


Titulaire d’un master en finance, Saïd Ahamada commence sa carrière en faisant de l’accompagnement à la création d’entreprise auprès d’allocataires du RMI (l’ancêtre du RSA), et finit haut fonctionnaire territorial.

Mais sa conscience politique se réveille le 21 février 1995, jour de la mort d’Ibrahim Ali, jeune Comorien tué par des colleurs d’affiches du Front National à Marseille. « A ce moment-là je me suis rendu compte que le quotidien pouvait basculer », explique ce fils d’un Comorien.
Il se rapproche du MODEM puis du PS en 2014, avant de se présenter sous l’étiquette LRM aux législatives. Sa victoire signe pour lui l’échec de Front National : « Ça aurait été pour nous la pire des insultes que d’avoir un député FN élu, là où Ibrahim Ali a été tué »
 

Macron et les kwassa kwassa


Premier député originaire des Comores élu à l’Assemblée Nationale, Saïd Ahamada assume son rôle de porte-parole de toute une communauté. A ce titre, la fameuse blague d’Emmanuel Macron sur les kwassa kwassa est mal passée. « Oui bien sûr ça m’a gêné, ça m’a blessé, et je lui ai dit, confie-t-il... Mais à Mayotte, c’est lui qui a dit qu’il avait honte pour la France qu’il y ait autant de morts entre Anjouan et Mayotte », rajoute-t-il aussitôt. Le nouveau député En Marche est prêt à jouer les ambassadeurs auprès des Comores pour « trouver des solutions à ce drame humain ». « Je sais d’où je viens », martèle celui qui, outre ses origines comoriennes et réunionnaises, a épousé une Antillaise née à Marseille, et aujourd’hui  mère de ses deux enfants.
 

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