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Christiane Taubira lâche ses coups sur la gauche et sur Manuel Valls

  • Par Pierre Lacombe
  • Publié le

Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire "Le 1", l’ancienne garde des sceaux Christiane Taubira se montre très sévère avec la gauche, critique Manuel Valls et revient sur sa décision de ne pas se présenter à la primaire.

© CITIZENSIDE / Yann KORBI / Citizenside
© CITIZENSIDE / Yann KORBI / Citizenside
Avec le franc-parler qui la caractérise, Christiane Taubira dresse un portrait sans complaisance de ce qu’est selon elle devenue la gauche, "elle bute sur ses propres renoncements", et presse sa famille politique d’exprimer une vision claire. Elle rappelle que la gauche "est née sur la question sociale et la question démocratique. D’une part, les conditions de travail : durée, rémunération, repos puis congés payés, âge de la retraite. D’autre part, l’émancipation de l’individu et le suffrage universel, c’est-à-dire l’égalité civique."

Sur ce qui fonde l’identité de la gauche, Christiane Taubira estime qu’aujourd’hui "elle a trop cédé aux idées et à la sémantique de la droite, à ses critères de résultat, de performance, de gestion. Elle ne dit plus depuis longtemps le sens de son action." La gauche doit donc, selon Christiane Taubira, renouer avec "le goût du débat, de la dispute, de la controverse. La divergence est une condition du mouvement. Les arguments ne sont pas toujours de première qualité, mais il faut savoir s’écouter. C’est après qu’intervient la délibération collective sur les choix qui engagent", insiste t-elle.

Le style de Manuel Valls, c’était de souligner les angles, pas de les arrondir

Revenant sur le début du quinquennat, Christiane Taubira regrette qu’un projet de loi constitutionnelle concernant le dialogue social n’ait pu être inscrit dans la constitution faute des trois cinquièmes des voix parlementaires. "Il était d’une grande portée symbolique car l’histoire des conquêtes sociales est principalement le fruit des luttes sociales." Et l’ancienne ministre de critiquer Manuel Valls : "Dans la période Ayrault, le dialogue restait ouvert et possible au sein de la majorité. On peut dater le durcissement avec l’apparition de "frondeurs" et l’arrivée de Manuel Valls." 

Le style du nouveau Premier ministre, c’était de souligner les angles, pas de les arrondir ou de tisser des liens pluriels. Il défendait ses positions sans guère laisser de place aux réserves ou aux désaccords."











La gauche peut retrouver son identité démocratique et sociale

Pour autant, Christiane Taubira ne se laisse pas aller à la simple critique et à une vision négative de la gauche. "Elle peut retrouver son identité démocratique autant que son identité sociale en ouvrant des espaces nouveaux à l’expression citoyenne." Elle recommande à son camp de se concentrer sur "quatre domaines: le régalien, le social, l’européen, le mondial."


Personne en capacité d'incarner la gauche 

Malheureusement, regrette Christiane Taubira, aujourd’hui, personne ne semble en capacité d’incarner la gauche. "Personne ne l’incarne vraiment car personne ne porte ce que la société fragilisée en attend légitiment." Et la ministre de préciser pourquoi elle-même ne tente pas de l’incarner, "j’ai souhaité que la gauche soit en mesure d’impulser une dynamique qui rassemble ses intelligences, ses forces au-delà d’un exercice somme toute ordinaire et un peu besogneux. Cela me semble une obligation historique. J’ai bien vu que ce n’était pas audible. Il n’y a donc pas eu de dynamique collective." Et de conclure, "j’observe que je me présente en 2002, je suis coupable de l’échec de la gauche ; je ne me présente pas en 2017, je suis coupable du probable échec de la gauche. Heureusement que j’ai un mental d’acier !"
 

 

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