publicité

Décès de la Martiniquaise Marie-Josèphe Yoyotte, monteuse talentueuse de cinéma

Marie-Josèphe Yoyotte a monté des films magnifiques tels que Les 400 coups de François Truffaut et Rue Cases-Nègres d’Euzhan Palcy. Décédée le 18 juillet à l’âge de 87 ans, ses cendres reposent désormais au cimetière du Père Lachaise à Paris. 

Marie-Josèphe Yoyotte, monteuse © DR
© DR Marie-Josèphe Yoyotte, monteuse
  • Par Cécile Baquey
  • Publié le , mis à jour le
La première monteuse noire du cinéma français nous a quittés le 18 juillet. Les cendres de Marie-Josèphe Yoyotte reposent désormais au cimetière du Père Lachaise à Paris où elle a été incinérée

Un parcours impressionnant

A 87 ans Marie-Josèphe Yoyotte laisse derrière elle une quantité de films impressionnante. Elle a monté des chefs d’œuvres du cinéma français. Les 400 coups de François Truffaut, Léon Morin prêtre de Jean-Pierre Melville, La guerre des boutons d’Yves Robert, Diva de Jean-Jacques Beinex, Rue Cases-Nègres d’Euzhan Palcy, Tous les matins du monde d’Alain Corneau ou encore le magnifique documentaire animalier Microcosmos qui lui a valu un César. Elle a aussi beaucoup travaillé pour la télévision avec Josée Dayan (Le comte de Monte Cristo, Les Misérables, Balzac).

Marie-Josèphe Yoyotte © DR
© DR Marie-Josèphe Yoyotte

Trois Césars

Cette Martiniquaise a remporté trois Césars du meilleur montage, en 1976 pour Police Python 357 d’Alain Corneau, en 1997 pour Microcosmos et en 2002 pour Le peuple migrateur de Jacques Perrin. 

Témoignage

En 2000, RFO (Cécile Baquey) avait rencontré Marie-Josèphe Yoyotte dans son appartement situé à deux pas de La Sorbonne à Paris. Ecoutez ci-dessous cette interview de 20 minutes :

Marie-Joseph Yoyotte



Cette interview n’a jamais été diffusée. Elle avait servi de base à la fabrication de la chronique quotidienne de RFO baptisée Lotbo.
 

La Martinique

Marie-Josèphe Yoyotte a découvert très tard la Martinique, l’île de son père. Sa mère était Bretonne. "Pendant la préparation de Rue Cases-Nègres (NDLR début des années 80), je suis venue pour la première fois en Martinique, expliquait-t-elle à RFO, dans la maison de ma cousine. Je me suis retrouvée chez moi en pays de connaissance en découvrant tout. Ca m’a remis mes racines à la surface". 
 

Rue Cases-Nègres

Pour la monteuse martiniquaise, Rue Cases-Nègres a été un film marquant. "Je ne dis pas que Joseph Zobel (NDLR auteur du livre Rue Cases-Nègres) et mon père ont eu le même parcours, mais il y avait des similitudes, racontait Marie-Josèphe Yoyotte. Mon père était fils d’une institutrice et orphelin de père. Ma grand-mère a élevé seule ses cinq enfants avec un salaire de maîtresse d’école qui en 1880 ne devait pas être le luxe. L’importance de la tenue, du parcours scolaire, c’était très important pour mon père".
 

Le montage

"Tous les films sont particuliers au montage. Un film c’est d’abord un rêve, témoignait la monteuse martiniquaise dans cette interview de RFO. La construction finale se fait au montage. Tous les gens qui veulent témoigner me touchent car c’est ça le métier de monteur, assister ceux qui veulent témoigner. Il n’y a pas de règle au montage. Il y a un goût de la narration, un goût de la collaboration avec les rêves de quelqu’un"
 

Une enfance parisienne

Née "par hasard à Lyon", Marie-Josèphe Yoyotte a grandi place Maubert à Paris. Elle a fait ses études primaires au lycée Henri IV. Grâce à des amis qui faisaient du court-métrage, elle est "entrée en montage à l'âge de 22 ans" comme elle le disait en riant et elle y est restée avec passion.  
 
Les cendres de Marie-Josèphe Yoyotte reposent au cimetière du Père Lachaise. Une messe du souvenir aura lieu le vendredi 1er septembre en l'église Notre-Dame-de-Grâce-de-Passy à Paris. 

Sur le même thème

ECOUTER    VOIR    S'INFORMER   Partout et à tout moment
Mobile devices
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play