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“Samo, a tribute to Basquiat”, l’ébauche d’un artiste

  • Par Julie Straboni
  • Publié le

Après des représentations en Martinique pour le grand public et les scolaires, « Samo, a tribute to Basquiat » tourne dans l’Hexagone. La Compagnie 0,10, fondée par la Martiniquaise Laëtitia Guédon, s’intéresse à la jeunesse de Jean-Michel quand il n’est pas encore Basquiat.

Yohann Pisiou, le comédien qui interprète Samo © Tristan Jeanne Valès
© Tristan Jeanne Valès Yohann Pisiou, le comédien qui interprète Samo
Jean-Michel Basquiat a 18 ans, il vient d'être banni du domicile familial par son père. Il tague à New York sous le pseudonyme de Samo (Same old shit), enflamme les pistes de danse des soirées branchées et se produit avec son groupe de musique Gray. L'artiste multiple se cherche, expérimente, et doit se justifier d'être Américain quand on renvoie son art à ses origines portoricaine et haïtienne, au folklore ou au primitif. Sur le plateau Samo est incarné par trois interprètes : le comédien martiniquais Yohann Pisiou, le musicien Nicolas Baudino et le danseur Guadeloupéen Willy-Pierre Joseph.

"On ne parle pas de Jean-Michel Basquiat une fois qu'il est devenu célèbre, explique ce dernier, on parle du processus qui l'a amené à devenir qui il a été. Des états que nous avons tous traversés ! Moi c'est ma manière de fonctionner au travers de ma danse : je suis allé dans plusieurs disciplines, que ça soit le hip-hop, la capoeira, la danse afro-contemporaine, le jazz-rock, même la danse indienne (le Bharata Natyam), afin de pouvoir trouver différents éléments pour affiner mon expression."

Samo nous perd dans ses obsessions : la reconnaissance de son talent par son père, la folie créative de sa mère, sa soif de célébrité... Une période particulière de la vie de Jean-Michel Basquiat que Laëtitia Guédon a demandé à Koffi Kwahulé de mettre en mots. L'ensemble prend des airs expérimentaux de l'ordre de la performance, accompagnée de musique et beat-box en live. La Martiniquaise revient sur cette démarche : "C'est la naissance d'un artiste : je n'ai pas voulu faire un biopic, une œuvre biographique ou muséographique. J'ai voulu en partant de Basquiat, parler de comment, quand on a 18 ans, qu'on vient de fuguer et qu'on se retrouve dans le Soho de l'underground, comment on se forge une identité artistique et comment de Jean-Michel on devient Basquiat. Ce jeune homme multimillionnaire qui va entrer dans les plus grands musées du Monde. On s'intéresse à cette charnière. C'est un spectacle indiscipliné, plus que pluridisciplinaire, avec plusieurs portes d'entrée -la vidéo, la musique, la danse, la peinture-, mais il n'y a pas de dramaturgie classique. Il faut y entrer avec sensibilité, plus qu'avec l'idée qu'il y a un fil conducteur."

Saluée par la critique, il se profile de belles reprises pour la pièce en 2018, notamment au Festival d'Avignon, dans l'Hexagone et en Guadeloupe. Laëtitia Guédon reste très occupée, entre les projets de la Compagnie 0,10 et sa fonction de directrice des "Plateaux sauvages", lieu culturel du XXe arrondissement de Paris dédié à la création en résidence.


 

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