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OGM et Outre-mer

  • Par Caroline Marie
  • Publié le

Depuis 2008, la culture des OGM est interdite en France. Toutefois, si dans l’Hexagone la législation est stricte, dans les Outre-mer beaucoup parlent de laxisme.

Stop OGM Pacifique
Stop OGM Pacifique
En France, la réglementation est claire. Depuis 2008, la culture de semences d’organismes génétiquement modifiés est interdite et leur présence dans un plat préparé doit apparaître sur l'étiquette du produit lorsque la teneur dépasse 0,9 % de la denrée.

En Europe, la seule semence OGM cultivée est le maïs Monsanto 810.

On le trouve quasiment exclusivement en Espagne et au Portugal. En tout le Monsanto 810 représenterait 1 % de la culture du maïs dans l’ensemble de l’Union. En janvier dernier, les Etats membres devaient renouveler le permis de culture de ce maïs Monsanto 810 arrivé à échéance. Mais ils n’ont pas réussi à s’entendre sur cette nouvelle autorisation d’exploitation, et encore moins sur la culture de deux autres maïs génétiquement modifiés. A la tête de cette résistance, la France, devenue le fer de lance de la lutte contre les plantes transgéniques.
Mais si dans l’Hexagone tout semble sous contrôle, dans les Outremer, la situation serait bien plus floue.
Papaye OGM
Papaye OGM

Des papayes OGM en Outre-mer

Selon plusieurs associations, des papayes OGM seraient proposées à la vente aussi bien dans les départements que dans les territoires d'Outre-mer. Ces variétés arrivées de Hawaï, où de nombreuses plantes transgéniques sont mises au point, pourraient contaminer les papayers locaux. Les cultures OGM peuvent en effet contaminer les cultures non OGM, que ce soit par le biais de la pollinisation, de repousses d'une année sur l'autre, d'impuretés variétales ou de simples mélanges entre graines dans les équipements agricoles (semoir, moissonneuse, silo…). Les variétés ancestrales seraient mises en danger par ces contaminations silencieuses. 
La présence de papaye OGM n’est plus à prouver en particulier dans le Pacifique comme le démontrent les registres des douanes de Hong-Kong qui en refoulent régulièrement. Dans les listes publiques du ministère de l’Agriculture hongkongais, on constate que des papayes de Hawaï, de Chine, de Malaisie, de Thaïlande ou, encore plus proche de la Nouvelle-Calédonie, des îles Fidji, ont été refusées parce que positives au test OGM. Hawaï aurait innondé de ses papayes OGM la vingtaine d'Etats du Pacifique où il n'existe pas de réglementations concernant les OGM. 
Frédéric Guérin président de Stop OGM Pacifique
Frédéric Guérin président de Stop OGM Pacifique

Dans les Territoires, les législations européennes ne s’appliquent pas

Frédéric Guérin a vécu pendant 6 ans en Nouvelle Calédonie. Il a créé Stop OGM Pacifique. Une association qui réclame plus de transparence sur la présence, la culture et les importations d'OGM dans les territoires français du Pacifique comme dans toute la zone. Selon Frédéric Guérin, nos territoires sont particulièrement fragiles étant donné la proximité avec l'Australie, un important pourvoyeur de semences OGM et surtout la proximité avec Hawaï où depuis 15 ans on compte de très nombreuses expérimentations de semenses OGM (environ 6000). Les territoires d'Outre-mer du Pacifique ne sont en effet pas autonomes pour leur alimentation. Ils importent 85 % de leur alimentation mais comme ils n'appliquent pas les réglementations européennes ou même françaises concernant les OGM, les assiètes des calédoniens, polynésiens et walisiens sont probablement largement composées d'aliments transgéniques. En février 2014, la Nouvelle Calédonie a voté un texte pour interdire l'importation des semences OGM pour les fruits et les céréales mais pas pour les légumes. Selon Frédéric Guérin, même s'il y a eu une certaine amélioration de la situation, il reste encore du chemin à parcourir pour permettre de préserver la biodiversité de nos territoires des OGM et de donner le choix aux populations locales de se nourrir avec ou sans organismes génétiquement modifiés. 


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