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L'enseigne parisienne "Le Nègre Joyeux" va être décrochée pour rejoindre un musée

Ultime vestige d'une ancienne chocolaterie de Paris et rappel des "crimes de l'esclavage", l'enseigne "Au Nègre joyeux" va être décrochée pour rejoindre un musée, a décidé lundi 25 septembre le Conseil de Paris.

L'enseigne "Le Nègre Joyeux" va devoir quitter sa façade du Ve arrondissement pour entrer au musée. © SONNET Sylvain / hemis.fr / Hemis
© SONNET Sylvain / hemis.fr / Hemis L'enseigne "Le Nègre Joyeux" va devoir quitter sa façade du Ve arrondissement pour entrer au musée.
  • La1ère.fr (avec AFP)
  • Publié le , mis à jour le
L'enseigne "Le Nègre Joyeux", ultime vestige d'une ancienne chocolaterie parisienne et rappel des "crimes de l'esclavage", va devoir quitter sa façade du Ve arrondissement pour entrer au musée, a  décidé lundi le Conseil de Paris.
 
La peinture sur toile représentant un Noir debout, serviteur ou esclave, et une Blanche de la haute société, objet de polémiques récurrentes, va être enlevée du 14 rue Mouffetard pour être rénovée puis exposée au musée Carnavalet, musée de la Ville de Paris.
Le Nègre joyeux

 

Une "présence insultante et blessante"

Le Conseil de Paris, très partagé, a voté cette décision proposée par le groupe communiste qui a dénoncé une "présence insultante et blessante" sur l'espace public, qui rappelle les "crimes de l'esclavage", selon Raphaëlle Primet. Le groupe demande également la création d'un musée de l'esclavage.
 
Bruno Julliard, Premier adjoint de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, a appelé à voter l'amendement communiste, de crainte d'une éventuelle "instrumentalisation" d'un rejet de la proposition. Mais "je pense qu'il faut faire le pari de l'intelligence de nos concitoyens et qu'il vaut mieux expliquer les traces de notre histoire", a-t-il indiqué.
 
© Google map
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Divisions

"Je ne pense pas que le meilleur travail pédagogique soit d'effacer ces traces et de les réserver à un musée", a-t-il ajouté en citant associations noires ou historiens eux-mêmes divisés sur le sujet. "C'est une mauvaise décision", a précisé à l'AFP Bruno Julliard, qui ne "désespère pas de revenir dans quelques mois devant le Conseil de Paris avec une proposition consensuelle".
 
La maire Les Républicains du Ve arrondissement Florence Berthout, rappelant que "l'esclavage fut une abomination", a estimé au contraire que ce type d'enseigne était un "marqueur de notre continuité historique et le marqueur d'une époque", en plaidant, comme les habitants, pour une plaque explicative apposée à proximité.
 
Sandrine Mees pour les écologistes s'était également prononcée pour le maintien de l'enseigne, "pour ne pas cacher l'histoire mais au contraire pour se souvenir".

L'enseigne, seul élément subsistant d'une chocolaterie qui aurait été ouverte en 1748, non signée a été probablement commandée à un fournisseur spécialisé dans ce type de création au XVIIIe ou XIXe siècle.
Un vœu pour travailler sur la création d’un musée de l’esclavage

Par ailleurs, le Conseil de Paris vient aussi d’adopter le vœu demandant la création d'un musée de l’esclavage à Paris. Le Conseil de Paris a précisément émis le vœu que : "le projet de création d’un musée de l’esclavage, de la traite et de ses abolitions soit travaillé entre l’Etat, la ville de Paris, les associations concernées et le Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage".

Il s'agissait d'une demande du Conseil Représentatif des Associations Noires de France. Pour le Cran, il s'agit d'une "victoire historique" qui "constitue une bonne nouvelle pour la France des droits de l'Homme". Ce texte avait été porté par le groupe communiste-front de gauche.

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