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Evacuations payantes à Saint-Barth, la colère des habitants

La colère des sinistrés de l’ouragan Irma à Saint-Barth : contrairement à Saint-Martin, l’évacuation aérienne dorénavant est payante, à la charge des passagers.

© Kévin Barrallon
© Kévin Barrallon
  • Jérôme Jadot (France Info) avec Guadeloupe 1ère
  • Publié le
Après Saint-Martin, le président de la République était hier matin à Saint-Barthélemy. Une visite de trois heures, quasiment dans l’indifférence générale. Le chef de l’Etat a tout de même annoncé qu’un mécanisme d’aide financière d’urgence serait mis en place d’ici lundi, pour les sinistrés "qui ont tout perdu", et les habitants qui se retrouvent au chômage technique, après le passage d’Irma sur Saint-Martin et Saint-Barth. "Ceux qui ont un commerce, une entreprise très fragile, auront une aide au redémarrage", a ajouté Emmanuel Macron.

Et pour ceux qui souhaitent quitter ces îles dévastées, des avions supplémentaires seront affrétés pour rapatrier les sinistrés de la Guadeloupe vers Paris, avec un millier de places en plus d’ici la fin de la semaine.

Des conditions d'évacuation différentes selon l'île

Mais souvent, c'est la première étape qui est difficile, quitter Saint-Martin ou Saint-Barth... Les conditions des évacuations ne sont plus les mêmes dans les deux îles. Ainsi à Saint-Barth, le billet d’avion n’est désormais plus pris en charge par l’Etat. Il est à la charge des passagers. Ce que les sinistrés estiment abusif.
Emilie a réussi à faire partir ses enfants de 6 et 8 ans. ils ont donc quitté Saint-Barth, direction Pointe-à-Pitre... Cette enseignante ne voulait plus les laisser sans école, ni services de base : "Je ne pensais pas être obligée de payer pour rapatrier des enfants. Ce n'est pas pour partir en vacances, mais pour éviter des traumatismes. On a pas d'eau, pas d'électricité. C'est mieux de pouvoir être à l'abri".

Président de la collectivité mais également chef d'entreprise

Jusqu'à mardi, les vols étaient pris en charge par l'Etat. Il en coûte désormais 100 euros sur la compagnie habituelle. Le double, 220, sur celle fondée par Bruno Magras, qui est également à la tête de la collectivité de Saint-Barthélemy. "Ce n'est pas parce que je suis président de la collectivité qu'il faudrait que je crève de faim. Moi, je ne suis pas réquisitionné. L'Etat ne paiera pas. J'ai ramené gratuitement des gens de Fort-de-France. Je ne vais quand même pas couler mon entreprise pour faire de l'humanitaire. Il y a des avions. Il y a des gens qui me disent, "on a tout perdu"... Depuis quand vous perdez votre code bancaire..."
Un président droit dans ses bottes, et un autre, Emmanuel Macron, en visite sur l'île, hier qui n'y voit rien à redire. "L'Etat a organisé les choses au moment où il devait les organiser. Après, qu'il y ait une activité économique dans l'île avec des compagnies qui ont pu monétiser ces trajets. Il ne m'appartient pas d'en connaître..."

Sur l'île voisine de Saint-Martin, plus durement touchée et socialement plus défavorisée, c'est encore l'Etat qui réquisitionne les avions pour les évacuations. 

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