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On fait plus de bébés pendant le carnaval... C'est prouvé scientifiquement !

Une étude réalisée par des scientifiques antillais et de l'Hexagone, sur 11 années met en lumière le lien entre Carnaval et augmentation du nombre de naissances. Un phénomène "normal" qui s'explique par plusieurs facteurs. 

© L. Salcède
© L. Salcède
  • Eric Stimpfling et Yasmina Yacou
  • Publié le , mis à jour le
Le carnaval a t-il une influence sur le nombre de naissance ? Oui, a en croire cette étude publiée par des chercheurs des universités des Antilles, de Rennes et de médecins du CHU... Durant 11 années d'observation, de nombreuses conceptions ont été constatées et donc 9 mois plus tard, plein de bébés.
Les détails avec Eric Stimpfling.
Carnaval et Bébés

 

Un phénomène tout à fait normal

Selon Raymond Otto, sociologue, ce phénomène est tout à fait "normal". Il s'explique par plusieurs facteurs. 
Dans un premier lieu, "le corps en action, le visuel, la musique, l'envoûtement" liés au carnaval sont autant d'éléments qui augmentent la libido des gens. Il s'agit d'un mécanisme purement chimique". Le fait que des "anonymes se laissent aller durant cette petite fenêtre n'est pas un mythe. Il n'est d'ailleurs pas rare de retrouver à côté des locaux de groupes carnavalesques du cannabis, des préservatifs usagés et des bouteilles d'alcool vides". 

Ensuite, les groupes carnavalesques sont des lieux d'espaces où les corps se rencontrent davantage. Le phénomène est exarcerbé par le fait que l'"offre d'hommes diminue sérieusement" sur notre territoire. Il y a plus de femmes que d'hommes dans les groupes. Les tranches d'âge se retrouvent dans les mêmes groupes (20, 30, 40 etc.). Or, il manque des hommes dans la tranche d'âge 30-40 ans. On peut en partie l'expliquer par deux facteurs. Il y a une quinzaine d'années, certains hommes sont morts : accidents de voiture, violence, maladies. D'autres ont quitté la Guadeloupe pour des raisons diverses et ne sont pas revenus. Ou, s'ils sont rentrés, ils étaient déjà dans une relation"

Il existe enfin un phénomène que l'on retrouve de plus en plus. C'est celui des "femmes de musiciens". Ces femmes qui sont dans l'organisation d'un groupe ou qui évoluent autour du groupe. Au départ, elles suivent, ensuite gèrent l'alimentation, le ravitaillement. "Cela donne souvent des relations sans lendemain qui produisent des naissances. Ces relations n'étant pas toujours protégées. Cela fait des années que l'on observe cela". 

Période "très chaude"

Pour beaucoup, le carnaval est une occasion de "faire le larron". Le sociologue estime qu'il existe deux pics de naissance chez nous. 9 mois après le carnaval et en août/septembre. 
Pour le premier pic, c'est le moment de la libération de tout. On s'expose. Alors qu'en décembre, on se sépare. "Aujourd'hui, chez nous, à l'instar de l'Europe, les gens se séparent en novembre, décembre, pour commencer l'année avec un nouveau partenaire, d'où le deuxième pic".
Le mariage des éléments, corps en mouvement, musique, visuel sont la représentation d'une période très chaude. Dans la psychée, c'est une période où on se libère, on se laisse aller. 
Il y a encore quelques années, à l'époque où le carême était beaucoup plus suivi, le carnaval était un espace de libération avant les frustrations religieuses. 
Mais, cette période de débordements est aussi une période où les agressions augmentent. Les esprits sont échauffés. Les violences en marge du carnaval sont en hausse. "Ce sont des données pour lesquelles il n'y a pas de chiffres officiels, mais grâce aux éléments reçus du C.H.U, nous pouvons faire un premier lien". 

Durant le LKP, moins de bébés

La lutte contre la profitation n'a pas profité à la procréation... L'étude réalisée observe qu'à l'issue des 44 jours de grève, le nombre de naissances a chuté.
Pour Raymond Otto, "la période du LKP aura permis plusieurs choses sur le plan social, mais elle aura aussi fait chuter les agressions car période exutoire, les gens ont pu faire sortir leur colère".
Toujours selon le sociologue, on peut toutefois observer un baby boom du LKP avec trois mois de retard. Les gens se sont rencontrés durant la grève. "Les couples de sont défaits, refaits et les discussions du jour se sont concrétisées la nuit. Pas autant que durant le carnaval, mais quand même. Toute grande manifestation ou manifestation identitaire ou festive conduit à des rencontres. Tout n'est pas propice à des rencontres physiques, mais ce sont des espaces qui laissent la place à ce type de rencontres". 


 

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