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Le patron d'Air Caraïbes demande à Donald Trump de ne pas atterrir à Orly

Pagaille à l'aéroport d'Orly... Des files d'attente interminables... Des passagers excédés. C'est dans ce contexte que le président d'Air Caraïbes a recommandé au Président américain, attendu pour le 14 juillet, d'atterrir au Bourget pour ne pas encombrer davantage les aéroports parisiens.

© Kris Klop
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  • Par Yasmina Yacou
  • Publié le , mis à jour le
Marc Rochet, patron d'Air Caraïbes, dans un courrier adressé au président américain, alerte sur la situation dans les aéroports parisiens. L'atterrissage de Air Force one, avion présidentiel, jeudi à l'aéroport d'Orly inquiète le président des compagnies aériennes Air Caraïbes et French Blue.
Le chef d'Etat américain est attendu en France, pour les festivités du 14 juillet et la commémoration de l'entrée en guerre des Etats-Unis, lors de la Première guerre mondiale. Marc Rochet lui demande, tout simplement, de reconsidérer son aéroport d'arrivée. Le Bourget, au lieu d'Orly ou Roissy...
"Au nom de dizaines de milliers de voyageurs et travailleurs qui iront à Orly dans les prochains jours, je demande respectueusement à vos services de reconsidérer la décision de faire atterrir Air Force One à Orly", lui écrit-il.

Déroger à la tradition


Il est de coutume que les chefs d'Etat étrangers en visite en France atterrissent à Orly ou Roissy. Les services de la Maison Blanche avaient déjà prévu une arrivée de l'avion présidentiel américain sur le tarmac d'Orly. Sauf que les aéroports parisiens sont à saturation. Les files d'attente et les contrôles de sécurité sont sans fin... D'où la proposition faite par Marc Rochet d'atterrir au Bourget. "Non seulement cet aéroport n'est pas ouvert au public -et par conséquent à l'écart des gigantesques flux de passagers- mais il vous assurera également une meilleure sécurité dans un environnement plus simple à contrôler", explique le patron d'Air Caraïbes.
La venue du président américain demanderait un service de sécurité encore plus lourd, que celui mis en place actuellement. Mesures de sécurité qui impacteraient directement les passagers et occasionneraient davantage de retard sur les vols.  

Délais d'attente interminaux


En plus des travaux dans les aéroports, la police aux frontières est en sous-effectif. Problème déjà soulevé par les patrons de plusieurs compagnies aériennes. Associés à l'application de l'état d'urgence, le temps passé par les passagers, en zone de contrôles est incroyablement long.
La situation est critique à Orly Sud, d'où se font les départs vers les pays hors Union européenne et vers les DOM. Les passagers voyageant vers nos destinations sont contrôlés, au même titre que ceux des pays étrangers. Car, nos départements, régions et collectivités d'outre-mer (DROM-COM) ne font pas partie de l'espace Schengen. Donc, de nombreux contrôles, une hausse du trafic... Conséquence, le temps d'attente dépasse parfois les 90 minutes. 
Une situation insoutenable pour les milliers de voyageurs, bien souvent, excédés et fatigués par ces délais d'attente. 

Des retards en cascade


Les patrons de compagnies aériennes, Air Caraïbes et Corsair, par exemple, constatent des retards sur la plupart de leurs vols. Retards qui se multiplient. Ainsi, Marc Rochet parle d'une baisse de la ponctualité des vols de 430% par rapport à l'année passée sur la même période. Pascal de Izaguirre, de Corsair, interrogé par Le Parisien regrette cette situation : Les retards "sont parfois de trois heures ou plus. Cela désorganise l'exploitation, que ce soit pour les durées d'enregistrement, les embarquements, l'enchaînement des rotations. Des passagers ratent leur correspondance. On assiste même à des émeutes et il faut demander à la police d'intervenir pour calmer les gens." 

Réunion de crise à Matignon


Une réunion s'est tenue à Matignon ce mardi 11 juillet pour tenter de trouver des solutions pour fluidifier le passage aux contrôles. La délégation reçue a notamment proposé un déploiement important de matériels Parafe (sas de contrôle automatisé des passeports) avec l'accélération de la validation de la reconnaissance faciale, plus rapide que l'actuelle reconnaissance digitale. Le renforcement des moyens informatiques alloués à la police aux frontières et aux douanes a également été demandé. 

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