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In Memoriam : 20 juillet 1925, naissance de Frantz Fanon

Le psychiatre et essayiste martiniquais Frantz Fanon (1925 - 1961), héros de la révolution algérienne et auteur du célèbre "Peau noire, masques blancs", aurait eu 92 ans aujourd’hui. Retour sur un itinéraire d’exception. 

Le psychiatre et essayiste martiniquais Frantz Fanon (1925 – 1961). © DR
© DR Le psychiatre et essayiste martiniquais Frantz Fanon (1925 – 1961).
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
Né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France, Frantz Fanon est décédé le 6 décembre 1961 dans une clinique de l’Etat du Maryland à Bethesda, près de Washington. Il avait seulement 36 ans. Mort jeune, le médecin psychiatre a pourtant marqué son époque d’une trace fulgurante.
 
Ancien élève d’Aimé Césaire au lycée en Martinique, Fanon, après des études de médecine et une spécialisation en psychiatrie à Lyon, publie son premier essai en 1952. Il s’agit de « Peau noire, masques blancs », un ouvrage encore largement étudié aujourd’hui. Un classique. Frantz Fanon y évoque les complexes et les processus d’aliénation qui taraudent la communauté noire, plus spécifiquement martiniquaise.
 

Engagement révolutionnaire

Le texte, aux forts accents personnels et poétiques, analyse et dénonce aussi l’emprise du racisme et du colonialisme sur les mentalités de l’époque, leur lien avec les dérèglements psychologiques et les déviations sociales. En France, par ailleurs, Fanon commence à s’intéresser à la situation des migrants et à la lutte des Algériens pour leur indépendance. En 1953, il prend un poste à l’hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie. Il y restera trois ans, jusqu’en décembre 1956, année de sa démission.

DOCUMENT. Conférence de Frantz Fanon au premier Congrès des écrivains et artistes noirs (Paris, septembre 1956) sur le thème "racisme et culture"  

Pour Fanon, il est alors impossible de cautionner l’Algérie française, « un pays où le non-droit, l’inégalité et le meurtre sont érigés en principes législatifs, où l’autochtone, aliéné permanent dans son propre pays, vit dans un état de dépersonnalisation absolu », écrit-il. Suite à la diffusion de ce texte, le médecin martiniquais est expulsé d’Algérie. Son engagement révolutionnaire commence, à Tunis à partir de mars 1957 tout d’abord où Fanon, dorénavant cadre du Front de libération nationale (FLN) algérien, est chargé de mettre en place les structures extérieures du mouvement.
 

Ambassadeur itinérant pour l'Afrique

A Tunis, Fanon travaille beaucoup, écrit, réfléchit et voyage, notamment en Afrique subsaharienne (Ghana, Mali, Cameroun, Angola…). Il est nommé ambassadeur itinérant pour l’Afrique par le Gouvernement provisoire de la République algérienne. Fin 1959, il publie « L’An V de la révolution algérienne », un ouvrage sur les mutations en cours de la société algérienne durant la lutte de libération. Ce livre sera régulièrement saisi en France jusqu’en 1961, pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat ».
 
En décembre 1960, Fanon apprend qu’il est atteint d’une leucémie myéloïde, l’une des formes les plus graves de leucémies, et qu’il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Le révolutionnaire jette alors ses ultimes forces dans la rédaction de son dernier livre, « Les damnés de la terre », ouvrage de référence sur les processus de décolonisation à l’œuvre. Traduit dans de nombreuses langues, ce texte servira de socle théorique pour de nombreux militants anticolonialistes en Afrique, aux Antilles, en Asie et en Amérique latine. Frantz Fanon s’éteindra le 6 décembre 1961 dans un hôpital du Maryland aux Etats-Unis, trois jours après la publication de son livre. 

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