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De jeunes Guyanais terminent leur service civique en Allemagne

A Berlin ou Magdebourg depuis trois mois, quatre Guyanais viennent de finir leur service civique en Allemagne. Si certains ont abandonné en cours de route (ils étaient sept au départ), ceux-là sont allés au bout de leur engagement.

Pascaline, Wiggins et Raynaud rentrent en Guyane cette semaine après trois mois de service civique en Allemagne © Julie Straboni
© Julie Straboni Pascaline, Wiggins et Raynaud rentrent en Guyane cette semaine après trois mois de service civique en Allemagne
  • Par Julie Straboni
  • Publié le , mis à jour le
Pendant la pause de midi, Pascaline, Wiggins et Raunayd partagent une soupe et des marrons avec les membres de la troupe de théâtre Blumenstraub dans le quartier berlinois de Kreuzberg. Les Guyanais se sont habitués à ces déjeuners végétariens, mais retrouvent vite leurs habitudes le soir.
Dans quelques minutes, ils partiront dans une école animer une après-midi sportive pour des enfants de primaire. Gymnastique, théâtre, cirque : en trois mois, Pascaline, Wiggins et Pascal ont participé à tous les ateliers de l'association. "Je m'amuse avec les enfants, ils s'entendent bien avec moi ! Dès qu'ils me voient ils m'appellent : "Wiggins !" Ils m'ont déjà adopté", raconte le jeune de 22 ans originaire de Matoury. Pour Pascaline, c'est une révélation : "C'est très enrichissant car on est en contact direct avec les enfants. J'aime vraiment ça. A tel point que je n'ai pas pris les congés auxquels j'avais droit !"

L'association est logée dans un ancien hôpital (de Béthanie), devenu un établissement culturel et social. © Julie Straboni
© Julie Straboni L'association est logée dans un ancien hôpital (de Béthanie), devenu un établissement culturel et social.

S'adapter au froid

Après trois mois au sein de l'AAJ (Association d'aide aux jeunes) à Cayenne, ils se sont envolés vers Paris puis l'Allemagne pour un trimestre. "Le premier mois j'ai eu du mal avec le froid, explique Wiggins, 22 ans, qui a gardé son bonnet, son manteau et ses gants dans l'ancien hôpital qui sert de local à l'association. Le climat me rendait malade... Au début c'était vraiment difficile et puis je me suis habitué." Le coût de la vie, abordable outre-Rhin, a permis aux jeunes de s'équiper. "En Guyane c'est vraiment exorbitant ! Ils exagèrent avec les prix" tempête Pascaline, qui repartira avec une deuxième valise pleine de vêtements.  "Il y a de beaux endroits à Berlin, s'extasie Wiggins : beaucoup de boutiques, de restaurants... La restauration est très dynamique, ça travaille jusqu'à tard le soir... Comparé à la Guyane ! Même le dimanche il y a beaucoup de commerces qui sont ouverts ! Et puis ic'est la mixité, il y a une multitude de langues, c'est une belle société."

Cours d'Allemand

"C'est une grande ville ! décrit la Saint-Laurentaise, elle aussi âgée de 22 ans et qui a validé son BTS assistante manager cette année. C'est impressionnant ! Il y a beaucoup de monuments et l'histoire de Berlin est incroyable. On a visité le Mémorial aux juifs assassinés d'Europe, on a vu des pans du Mur, on est allés un peu partout."
Tous ont pris huit heures de cours d'Allemand par semaine. "C'est vraiment une barrière pour nous de ne pas parler la langue, mais on s'exprime par signes ! confie la radieuse Pascaline. Et là aussi les enfants nous apprennent beaucoup. En arrivant en cours on répète ce qu'ils nous ont dit et on demande la traduction." Wiggins, lui, avoue ses difficultés : "C'est compliqué l'Allemand à apprendre... Après trois mois j'ai toujours du mal !" Raynaud aime s'exercer à l'oral. A 19 ans, lui qui vient de Papaïchton s'est retrouvé seul à Magdebourg (à 150 km de Berlin), dans une structure qui aide les jeunes dans leurs projets. Il est venu passer la journée avec ses camarades guyanais.

Pascaline et Wiggins encadrent les enfants d'une école berlinoise, lors d'une après-midi sportive © Julie Straboni
© Julie Straboni Pascaline et Wiggins encadrent les enfants d'une école berlinoise, lors d'une après-midi sportive

Parler de la Guyane

A Magdebourg, Raynaud a pu se familiariser avec l'administratif et la comptabilité. C'est la première fois que le jeune homme vivait en colocation. "Tout s'est bien passé, même si je cuisine plus que tout le monde ! Je ne m'attendais pas à ce que mes colocataires parlent français. Certains sont en cours d'apprentissage, mais ça va super vite ! J'admire beaucoup les Allemands car quand ils décident d'apprendre une langue, ils le font à fond."

A la fin du séjour, Raynaud a raconté sa Guyane lors d'un exposé. "Je voulais leur montrer que le département ne rencontre pas que des problèmes et qu'il n'y a pas que Kourou. Ils étaient très surpris. Certains ne savaient même pas qu'il y a de l'or là-bas." Ces jeunes Guyanais n'ont aucun regret d'avoir fait le voyage, même s'ils ont hâte de retrouver leurs proches pour les fêtes. Reste maintenant à réfréner les envies de kebabs -dont Berlin est la capitale mondiale-, qui manqueront tant à Raynaud.
Partir avec l'Office franco-allemand pour la jeunesse

C'est grâce à l'Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) que les Guyanais ont pu bénéficier de cette expérience. Il s'agit d'un engagement bénévole dans le cadre associatif, un service civique sous forme de volontariat franco-allemand. Cette année par exemple, des collégiens réunionnais ont passé quelques mois chez leur correspondant et inversement (programme Sauzay), et des classes de Nouvelle-Calédonie ont assisté aux cérémonies du centenaire de la bataille de Verdun. Apprentis, chômeurs, étudiants ou professionnels peuvent trouver des offres sur le site internet de cette structure, créée en 1963 par le Traité de l'Elysée et dédiée aux rencontres et à l'échange entre les jeunes. Des financements spécifiques sont prévus pour les originaires d'outre-mer afin de financer le voyage.

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