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Des jumelles martiniquaises candidates aux législatives des deux côtés de l'Atlantique

Elles ont 28 ans, sont originaires du quartier Tivoli Post-Colon à Fort-de-France en Martinique et elles sont sœurs jumelles. En plus, elles sont toutes les deux candidates aux élections législatives ! La1ère les a rencontrées ce jeudi sur un marché parisien.

Des jumelles candidates aux législatives © Serge Massau
© Serge Massau Des jumelles candidates aux législatives
  • Serge Massau
  • Publié le , mis à jour le
Somalia Barro a 28 ans, comme sa sœur. Chef d’entreprise, elle aide des jeunes freelance à consolider leur activité professionnelle et commerciale. Elle est candidate aux élections législatives dans la 16ème circonscription de Paris, qui couvre une large partie du XIXème arrondissement sous les couleurs du mouvent citoyen A nous la démocratie.

Deux candidates

Somalia Barro fait face notamment à Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS, et à Mounir Mahjoubi, tout nouveau ministre d’Emmanuel Macron. Sa sœur, Shanon, est artiste photographe et suppléante de Kaylan Fagour, candidat du mouvement Martinique Insoumise dans la troisième circonscription.
 

Pourquoi elles s’engagent

Shanon : C’est clairement Somalia qui s’est lancée la première.
J’ai eu le déclic en me rapprochant de la vie politique de ma circonscription. J’ai réalisé que tout est politique et que chacun a vraiment sa voix à donner, et que si en plus on a l’envie de participer au changement, il suffit de le faire.

Somalia : Mes études ont amenée à faire de la recherche de terrain. J’ai suivi la campagne de Barack Obama en 2012 puis les municipales à New York. Le déclic pour ces législatives, cela a été de constater qu’il y a toujours ce problème de manque d’implication des citoyens. Je me suis dit que c’était l’opportunité de faire entendre des voix différentes. Avec A nous la démocratie, on a présenté des candidats qui n’avaient pas de passé politique et qui avaient la même envie de renouveler les pratiques politiques, et pas seulement les visages, par la consultation citoyenne. On s’est dit que pendant ces cinq ans de mandat, il faudrait laisser ouvert le débat avec les citoyens. Parce que sinon dans cinq ans, les gens seront encore frustrés. Et plus on laisse perdurer ces pratiques et plus les gens seront dégoutés de la politique. C’est à nous d’ouvrir les portes et laisser les gens permettre aux gens de s’informer sur la politique, comprendre comment on écrit un texte de loi pour que chacun puisse contribuer à la prise de décision politique.
 

Renouveler les pratiques

Somalia : Je reste sceptique sur le renouvellement d’En Marche ! Effectivement, nous avons de nouveaux visages, mais ce qui m’intéresse, ce sont surtout les pratiques. Macron souhaite une majorité pour faire passer son programme. Ca ne garantit pas que les citoyens pourront s’exprimer sur les lois qu’il compte appliquer. Au contraire, le projet de réforme du droit du travail doit être adopté par ordonnances. C’est un renouveau sur les visages mais est-ce que ça va changer la façon dont participent les citoyens ? Je ne le crois pas.

Shanon : La consultation citoyenne est aussi la base de notre programme parce que le pouvoir ne peut pas appartenir à une seule personne ou à un seul visage. Avec Jean-Luc Mélenchon, c’était une promesse de VIème République très intéressante, mais elle ne correspondait malheureusement pas encore très bien aux spécificités de la Martinique. Les problématiques nationales ne s’adaptent pas forcément aux problématiques locales. C’est pour cela qu’on a souhaité se constituer en mouvement indépendant où on s’applique à traiter les spécificités de notre région.
 

Candidate des villes et des îles...

Somalia : On vit des situations en miroir. Ce que j’entends dans le XIXème, on pourrait très bien l’entendre aussi en Martinique. On est sur un territoire national où les logiques restent malgré tout les mêmes. Et je trouve très intéressant d’avoir son point de vue à elle pour constater que la politique que l’on peut mener va s’appliquer d’une manière nationale. Que cela soit à Fort-de-France ou dans le XIXème, on constate ce gros problème de manque de consultation des gens et cela crée une frustration qui est palpable dans les deux territoires.

Shanon : Cette consultation régulière, ce serait des ateliers citoyens où les gens sont invités à donner leur avis. Ils apprennent à former des lois, à débattre entre eux. Du coup, le député reprend sa place de porte-parole du peuple au sein de l’Assemblée nationale. Parce que les gens sont toujours prêts à donner leur avis. Ils adorent ça. En Martinique, on dit que le maquerellage, c’est le sport national. Mais c’est ça aussi : les gens discutent entre eux, connaissent les problématiques de leurs quartiers, et ce sont les mieux placés pour nous dire ce qui ne vas pas.
 

Le barathon, une méthode 

Somalia : C’est une technique qui consiste à aller de bar en bar le soir quand les gens prennent un verre après le travail, de façon à les rencontrer dans des espaces nouveaux. On sait que les partis politiques vont sur les marchés ou à l’entrée des métros. On essaye de trouver de nouveaux espaces, puisque l’idée c’est que les citoyens se réapproprient la politique de façon ludique. A la fin, on leur donne une écharpe bleu blanc rouge et on les photographie  pour leur permettre de réaliser un premier pas vers l’idée qu’ils ont un potentiel politique et que ce sont eux qui devraient prendre les décisions.

 
"Réveillez-vous !"

Shanon : Pour moi, l’objectif était d’aller à la rencontre des gens, savoir ce qu’ils vivaient au quotidien. Et de montrer à chacun que c’est possible, qu’on n’a pas besoin d’un bac+10 pour faire de la politique. Avant tout, c’est faire bouger les consciences, dire aux gens : Eh, réveillez-vous, nous aussi on le fait, alors vous pouvez le faire aussi.

Somalia : L’objectif, c’est de rappeler que les voix citoyennes sont importantes. Après, on a tous envie de passer le premier tour. Ce sera une nécessité dans le futur mais on fait un travail qui est avant tout de sensibiliser les citoyens à la question de la reprise du pouvoir politique. Et c’est un travail de long terme pour lequel on s’engage pour les prochaines années à venir avec plaisir.

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