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Catastrophe dans les îles du nord : l’État tente de se rattraper

L'État, chargé de la protection des biens et des personnes, est largement mis en cause pour sa gestion jugée insuffisante, après le passage destructeur de l'ouragan Irma sur les îles du nord.

Le Président de la République, Emmanuel Macron, entouré notamment d'Edouard Philippe, le Premier ministre, ou d'Annick Girardin, ministre de l'Outre-mer (en blanc). © Gouvernement
© Gouvernement Le Président de la République, Emmanuel Macron, entouré notamment d'Edouard Philippe, le Premier ministre, ou d'Annick Girardin, ministre de l'Outre-mer (en blanc).
  • Par Joseph Nodin
  • Publié le
Les témoignages nous sont parvenus de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy au compte gouttes puis au gré du rétablissement des communications. Des femmes, des hommes, résidants ou touristes, souvent en pleurs, sans eau, sans électricité, sans nourriture, parfois même sans un toit sur la tête, ont exprimé leur sentiment d’abandon au lendemain du passage de l’ouragan Irma (nuit du 5 au 6 septembre 2017). 

Manque d’anticipation ?


Si personne n’est en mesure d’anticiper un séisme, en revanche, c'est possible pour un phénomène cyclonique, d'autant que les îles françaises du nord de l’arc antillais sont malheureusement sur leur route. Aux États-Unis les autorités ont déplacé des millions de personnes avant le phénomène...Cela semblait plus compliqué à Saint-Martin et Saint-Barthélémy !

Militaires et secouristes (1000 personnes), étaient pré-positionnés en Guadeloupe afin d’intervenir après le passage de l’ouragan. "Avec un cyclone annoncé de 5/5 , il valait mieux être capable de se projeter à partir de la Guadeloupe, ce qui a été fait", explique le chef de la gendarmerie nationale. 

Moyens insuffisants ?


Les renforts arrivent maintenant de Guyane, de Guadeloupe et d’autres régions de France. Pourquoi si tard ? La violence exceptionnelle de l’ouragan Irma contraste avec la lenteur des décisions du gouvernement.

Par ailleurs, nombre de témoignages confirment les violences qui ont suivies le passage de l'ouragan. Aurait-on pu, par exemple, éviter les pillages constatés à Saint-Martin ? Un couve-feu a été mis en place jeudi dernier alors que les magasins ont été dévalisés en plein jour.

La sécurité des biens et des personnes reste l’une des fonctions régaliennes de l'État...sur tous ses territoires. Le sentiment d’impréparation des autorités face à la catastrophe annoncée persiste. Le gouvernement ne peut que s'en défendre.

L'État à la hauteur ? Ce n'est pas l'avis des sinistrés et des internautes qui ont noté la "disparition" de la sous-préfète des îles du nord.

Des critiques de tous bords


"Si l'État avait désormais "pris conscience des choses", il devait s'astreindre à "une meilleure communication", indique Victorin Lurel, ancien ministre de l’Outre-mer. 

Patrick Karam (LR), ex-président du conseil représentatif des Français d'outre-mer, a condamné les "défaillances du gouvernement". 

La présidente du Front National, Marine Le Pen, a dénoncé des moyens "tout à fait insuffisants", et des insulaires "obligés d'organiser leur propre défense".

"
Si gouverner c'est prévoir on ne peut que condamner l'État français pour son inertie, son absence de mesures préventives", dénonce le GRS (Groupe Révolution Socialiste).

C'est dans ce contexte que le Président de la République confirme sa venue dans les îles françaises du nord. Peut-il encore redresser l'image écornée de l'État ?

Selon un bilan provisoire, Irma a fait dix morts et 112 blessés dans la partie française de Saint-Martin et à Saint-Barthélemy. Sept personnes sont toujours portées disparues.

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