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Emplois aidés : la précarité comme modèle d’insertion sociale

La crise des contrats aidés se poursuit, malgré un léger assouplissement du gouvernement qui restitue 500 emplois au système scolaire. Ce qui n’atténue pas la colère de la rue et pose une question de fond : est-ce la réponse au problème du chômage ?

Mobilisation contre la suppression des contrats aidés (jeudi 21 septembre 2017). © Christine Cupit
© Christine Cupit Mobilisation contre la suppression des contrats aidés (jeudi 21 septembre 2017).
  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le
Le gouvernement s’est vu contraint de reculer d’un pas sur le dossier épineux des contrats aidés. Le rectorat indique que 500 emplois seront réattribués aux établissements scolaires sur les 540 supprimés. Une annonce qui a provoqué l’indignation dans les rangs de l’Unité syndicale et associative contre la suppression des contrats aidés.

Ce regroupement de syndicats de l’enseignement, d’associations de parents d’élèves, de syndicats de salariés et d’associations de tous les secteurs réclame la restitution des 3 000 contrats d’insertion. Sans ces emplois précaires et payés moins de 700 euros pour la plupart, les clubs sportifs ne peuvent pas fonctionner, les associations de solidarité ne peuvent pas travailler, plusieurs communes sont au ralenti, les établissements scolaires ne garantissent pas le respect des conditions d’encadrement, d’hygiène et de sécurité.

Un nombre incalculable d’associations des secteurs de la santé et de la solidarité se retrouvent démunies. Tout comme celles du secteur de l’insertion par l’économique. Au-delà de cette crise qui verra l’exécutif céder, finalement, et logiquement, d’autres réponses, de fond, sont attendues de l’État, à une question de fond : quelles sont les conditions pour créer des emplois durables et correctement rémunérés ?
Nous rendons-nous compte que nous en sommes réduits à lutter pour la pérennité de la précarité ? Nous rendons-nous compte que notre société n’a pas la possibilité de donner du travail aux jeunes et à ces milliers de femmes et d’hommes éloignés de l’emploi, comme on dit pudiquement ? Nous rendons-nous compte que nous sommes condamnés à accepter que certains d’entre nous vivent d’expédients ?

Qui peut s’en satisfaire ? Faudra-t-il attendre les solutions du gouvernement sourd, muet et aveugle ? Faut-il s’en remettre à la divinité, comme d’habitude ? Ou se retrousser les manches pour réinventer la justice sociale ? À chacun de nous de voir.


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