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Politique : l’abstention plus forte que l’élection

Parmi les incertitudes de l’élection présidentielle, la proportion de celles et ceux qui n’iront pas aux urnes, pour des motifs divers. L’abstention ne concerne pas que cette élection et elle a tendance à se généraliser. Comme si voter est devenu inutile.

© LAV
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  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le
 "À quoi sert-il de voter : les jeux sont faits sans nous ". "Ma voix ne portera pas ". "Les élections françaises ne concernent pas les Martiniquais ". "Quel que soit le président, rien ne changera pour nous ". Voici les arguments entendus depuis des décennies de la part des abstentionnistes. Il faut leur ajouter ceux qui sont empêchés d’aller voter, pour des motifs divers, ainsi que les indécis.
 
La courbe de l’abstention augmente par à-coups, mais de manière régulière. Et ce, quelle que soit l’élection. Pour la présidentielle par exemple, le taux de non votants était de 35% en 1965, année de la première élection du chef de l’État au suffrage universel. Il est monté à 65% en 2002, record historique. Les autres élections - législatives, régionales, cantonales et même municipales - sont de plus en plus souvent boudées, surtout dans les communes les plus peuplées.
 
Pourquoi ce boycott des urnes, allant crescendo année après année ? La lassitude face à la répétition des élections ? Il est vrai que la France vote souvent : il ne se passe pas trois ans sans une élection, locale ou générale. L’érosion de la confiance envers les élus ? Il est clair que beaucoup d’entre eux travaillent à leur propre discrédit, n’étant pas à la hauteur de la tâche. Le sentiment que les institutions écrasent le citoyen au lieu de le servir ? Il est évident que les contribuables sont essorés et que les administrés sont ballotés au gré d’une pesante bureaucratie.
 
A moins que, tout simplement, le citoyen de Martinique soit fâché avec la démocratie représentative ? Ce système semble avoir atteint ses limites. Ici et là, des expériences fleurissent de démocratie participative ou de mobilisation citoyenne. Comme si les corps intermédiaires – les formations politiques, les syndicats, les associations – sont à bout de souffle.
 
Est-ce à dire que l’abstention signe la fin d’un certain type de gouvernance ? Pas si simple. Question posée et à résoudre.

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