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Porto-Rico, la désolation d'une île

Trois semaines après le passage destructeur de l’ouragan Maria sur Porto-Rico, la situation sur l’île reste chaotique. Les conditions de vie sont très difficiles et le rétablissement des infrastructures s’annonce compliqué.

Porto Rico après Maria © AFP
© AFP Porto Rico après Maria
  • Par Sonia Laventure
  • Publié le
À Porto-Rico, près de 6 000 personnes sont toujours sans-abris, 83% des habitants n’ont pas d’électricité, ce qui signifie qu’il n’y a aucun moyen de conserver les aliments, ni de recharger les téléphones, ni même d’être informé par les réseaux de communication habituels. Les autorités de l’île ne se hasardent même pas à évoquer une date pour le rétablissement des réseaux. On parle de plusieurs mois !

Le plus difficile pour la vie quotidienne des trois millions et demi de Portoricains, c’est l’absence d’eau courante. Les canalisations sont cassées, et 1,2 million de personnes doivent se débrouiller pour trouver de l’eau potable, parfois au mépris des précautions d’hygiène minimum. Les cas d’infections se multiplient, et la prolifération des animaux nuisibles fait craindre des épidémies. Les autorités confirment la mort de quatre personnes liées à la leptospirose, une maladie bactérienne causée par l'urine des rats.

L'ombre de la dette plane


Le coût estimé des dommages de Maria est de 95 milliards de dollars, ce qui représente presque toute une année de production économique pour l'île.
Le gouverneur de Porto-Rico a donc demandé au Président Trump de débloquer 4,9 milliards de dollars supplémentaires, qui s’ajouteraient aux 29 milliards de dollars d’aide américaine espérée. Pour l’instant, on ne connaît pas la réponse des autorités fédérales, qui ne cachent pas leur inquiétude sur la capacité de Porto-Rico à se relever, et leur agacement devant l’état des finances de l’île en situation de faillite.
Lors d’une visite controversée sur place, deux semaines après le passage de l’ouragan, le Président américain a estimé que l’envoi d’aide devenait trop lourd, et que les autorités locales étaient responsables du mauvais état des infrastructures et de la déliquescence de l’économie.

Et les choses pourraient encore s’aggraver, car les quelques industries pourvoyeuses d’emplois, comme l’industrie pharmaceutique qui produit à Porto-Rico des médicaments destinés au marché américain et à l’exportation, ne sont pas en capacité de fonctionner. 
Le spectre d’un chômage massif se profile. 

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