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Présidentielle : 1965, le retour du suffrage universel

L’élection du président de la République par le peuple en 1965 marque le retour à une tradition instaurée en 1848 puis tombée en désuétude.

© Pixabay
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  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le
L'élection présidentielle de 1965 au suffrage universel direct est la deuxième du genre dans l’histoire de la république. La première à se tenir avec ce mode de scrutin s’est déroulée sous la Seconde République, le 10 décembre 1848. Le président élu a été Louis-Napoléon Bonaparte pour un mandat de quatre ans non renouvelable. Personnage réputé falot, le petit neveu de Napoléon Ier commet un coup d’État constitutionnel le 2 décembre 1851, au terme duquel il proclame le Second Empire. Il devient l’Empereur Napoléon III.
 
Sous la Troisième République, de 1875 à 1940, le président de la République est élu pour sept ans par l’Assemblée nationale, regroupant la Chambre des députés et le Sénat. La république avait été proclamée en septembre 1870, après la capitulation de Napoléon III à l’issue de la défaite de l’empire à Sedan, dans la guerre qui l’opposait à la Prusse.
 
Dans un pays en crise, le premier président de la IIIe est nommé par décret en août 1871 : le républicain de centre-droit Adolphe Thiers. Il est contraint à la démission par la majorité des parlementaires, favorables au retour de la monarchie constitutionnelle. Thiers est remplacé en mai 1873 par un président élu, le maréchal Patrice de Mac Mahon, un monarchiste, ô paradoxe.
 

Un mandat de 7 ans

Sous la Quatrième République, de 1946 à 1958, le président est élu pour un septennat par le Congrès, réunion des deux chambres du Parlement. Le premier président de la IVe est le socialiste Vincent Auriol, élu au premier tour en janvier 1947. Il cèdera son fauteuil en janvier 1954 à René Coty du Centre national des indépendants et paysans (CNIP, droite) élu au 13e tour de scrutin, dans des circonstances compliquées. Son mandat expire en 1961, mais la France connaît, à nouveau une crise politique aiguë.
 
Celle-ci se conclut par l’instauration de la Cinquième République. Le nouveau régime est proclamé par référendum le 4 octobre 1958. Le général de Gaulle est élu président de la République le 21 décembre pour sept ans par un collège de 81 764 grands électeurs composé des parlementaires, des conseillers généraux et de délégués des conseils municipaux. Charles de Gaulle l’emporte au premier tour avec 78,51% des voix devant Georges Marrane du Parti communiste (13,03%) et Albert Châtelet (8,46%).
 

La parole au peuple

Durant son mandat, le président de Gaulle fait adopter par un référendum, le 28 octobre 1962, le principe de l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Le rendez-vous avec le peuple a eu lieu au terme de son septennat, en décembre 1965. Le général de Gaulle est réélu.
 
Il démissionnera après le « non » au référendum du 27 avril 1969 portant sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Son successeur, le 15 juin, est le gaulliste Georges Pompidou, qui fut son Premier ministre de 1962 à 1968. Le mandat du second président de la Vème sera interrompu par son décès, le 2 avril 1974.
 

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