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Sondages : pourquoi faut-il encore y croire ?

  • Par Jean-Marc Party
  • Publié le

Sondage par-ci, sondage par-là. On ne sait plus où donner de la tête à la lecture des études d’intentions de vote. Et comme en plus les résultats de certaines élections récentes ont montré les limites de ces études, on en vient à douter de leur utilité. À tort, évidemment.

Il existe différents instituts de sondages qui tentent d'anticiper sur le comportement des électeurs avant le jour-J. © FranceInfo
© FranceInfo Il existe différents instituts de sondages qui tentent d'anticiper sur le comportement des électeurs avant le jour-J.
Faut-il croire aux sondages ? Drôle de question. Comme si cette méthode d’analyse des faits sociaux est devenue une religion. L’hyperabondance des études sur les intentions de vote et autres cotes de popularité, souvent mal interprétée, parfois mal élaborée, laisse planer le doute, je vous l’accorde. Encore plus quand les prévisions annoncées sont contredites par les résultats.

Faut-il pour autant s’en prendre au thermomètre quand la pluie survient alors que l’on attend le soleil ? Ne faut-il pas considérer également que des nuages imprévus ou une averse indétectable peuvent brouiller le message et modifier notre perception ?
Car c’est bien de cela qu’il s’agit, des rapports complexes entre le citoyen et le sondage. À force pour les instituts de sondage ou certains médias de mettre en avant tel candidat, celui-ci est mécaniquement cité en position favorable. Le résultat est inverse pour les personnalités les moins citées. Dans ces conditions, les sondages sont trompeurs, en ignorant la diversité de l’espace politique.

Un autre facteur important dans la fiabilité du sondage d’opinion, c’est la marge d’erreur. Nul ne peut prédire avec exactitude les modalités d’un événement à venir. En revanche, il est possible de calculer la probabilité qu’il survienne. D’où l’obligation de tenir compte de cette incertitude, en prévoyant une marge d’erreur. Plus l’échantillon représentatif de la population de référence est grand, plus la marge d’erreur est faible et plus les résultats seront fiables.

Pour un échantillon de 10.000 personnes, ceux utilisés par les instituts les plus sérieux, la marge d’erreur est de 0,8 point. Pour 1.000 personnes, la taille la plus fréquemment utilisée, c’est 2,5 points. Ainsi, pour trois candidats recueillant chacun 20% d’intentions de vote, chacun est réellement situé entre 19,2% et 20,8% sur un échantillon de 10.000 personnes. Ces valeurs seront comprises entre 17,5% et 22,5% pour un échantillon de 1.000 personnes. L’interprétation peut en être complexe et source d’incompréhensions au vu des résultats. Car il est presque impossible de prévoir le classement réel de ces trois candidats.

Sans négliger les effets pervers, ni l’impossible prévisibilité des événements, considérons le sondage d’opinion pour ce qu’il est réellement : une indication parmi d’autres de la tonicité de la vie politique.

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