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Mayotte: Délinquance en hausse de 7%, près de 20.000 expulsions

  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le

La délinquance a augmenté de 7% en 2014 à Mayotte, département de l'Océan indien où près de 20.000 étrangers irréguliers ont été expulsés du territoire, ont annoncé les autorités qui relèvent un "véritable sentiment d'insécurité".
EMMANUEL TUSEVO ET SOPHIE LAUTIER / AFP

© PHOTOS : EMMANUEL TUSEVO :
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LE PREFET SEYMOUR MORSY © PHOTOS : EMMANUEL TUSEVO
© PHOTOS : EMMANUEL TUSEVO LE PREFET SEYMOUR MORSY
LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE,JOEL GARRIGUE © PHOTOS : EMMANUEL TUSEVO :
© PHOTOS : EMMANUEL TUSEVO : LE PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE,JOEL GARRIGUE
   La délinquance a augmenté de 7% en 2014 à Mayotte, département de l'Océan indien où près de 20.000 étrangers irréguliers ont été expulsés du territoire, ont annoncé les autorités qui relèvent un "véritable sentiment d'insécurité".


"Il existe un véritable sentiment d'insécurité à Mayotte et il faut que des réponses fortes soient apportées par tout le monde, la police, la préfecture, la justice, les collectivités, les maires, le conseil général", a déclaré le préfet Seymour Morsy lors de la présentation du bilan 2014 de la sécurité intérieure.
L'évolution globale de la délinquance a été de 7% en 2014 par rapport à 2013, année déjà marquée par une hausse de +11%. On note une hausse particulièrement importante des agressions de personnes (+24%), comparé aux atteintes aux atteintes aux biens (+2,16%) et aux escroqueries et infractions économiques et financières (+2,3%). Les infractions à la législation sur les stupéfiants ont doublé en 2014.
Le procureur de la République, Joël Garrigue, a noté que le taux d'élucidation avait autant augmenté que les types de délinquance.
"L'activité judiciaire soutenue génère un accroissement du nombre des mis en cause en hausse de +20%. La part des mineurs impliqués est en baisse pour les atteintes aux biens (-8,8%) tandis qu'elle est en hausse pour les agressions (+45,78%)", a précisé M. Garrigue. Les autorités ont souligné un "phénomène nouveau et préoccupant: le recours à la violence mettant en cause des mineurs".
Les violences physiques sont souvent dus à des conflits et des affrontements entre villages, qui s'étendent aux abords des établissements scolaires et des enceintes sportives impliquant une part importante des mineurs.
Concernant la lutte contre l'immigration clandestine, sujet majeur à Mayotte sous la pression migratoire des Comores voisines, 19.991 personnes ont été reconduites à la frontière en 2014 contre 15.908 en 2013, avec des moyens renforcés de la Police aux frontières (PAF) et les services qui participent à l'action de l'Etat en mer.   
LE DIRECTEUR DE LA PAF , PIERRE BOURLOIS © PHOTOS : EMMANUEL TUSEVO:
© PHOTOS : EMMANUEL TUSEVO: LE DIRECTEUR DE LA PAF , PIERRE BOURLOIS
 La lutte contre l'immigration clandestine en mer représente a elle seule 12.879 passagers, 610 passeurs et 597 embarcations interceptés contre 10.528 passagers, 517 passeurs et 476 embarcations en 2013, a précisé le directeur de la PAF, Pierre Bourlois.
Le Colonel Jean Gouvart, Commandant de la gendarmerie de Mayotte © PHOTOS:EMMANUEL TUSEVO:
© PHOTOS:EMMANUEL TUSEVO: Le Colonel Jean Gouvart, Commandant de la gendarmerie de Mayotte
Le patron de la police nationale à Mayotte, Philippe Miziniak © PHOTOS : EMMANUEL TUSEVO :
© PHOTOS : EMMANUEL TUSEVO : Le patron de la police nationale à Mayotte, Philippe Miziniak
 Gendarmerie et police nationale ont relevé une légère augmentation des accidents de la route avec 8 personnes décédées contre 6 en 2013 malgré une baisse des accidents corporels (274 en 2014 contre 292 en 2013). Le nombre de dépistages d'alcoolémie ont été accentués, et les dépistages positifs sont en baisse (105 en 2014 contre 143 en 2013).
"Les agressions violentes, les vols à répétition, les violences intrafamiliales, les violences sur les femmes, les violences sexuelles sont inadmissibles", a insisté le préfet de Mayotte, estimant que tous avaient "le devoir de dénoncer ces méfaits".
Revenant sur les violences sexuelles, en recrudescence et notamment sur mineurs et entre mineurs, le procureur a souligné qu'à Mayotte, "ce qui se passe dans les familles n'est pas dénoncé au parquet".
"Il y a encore un poids de la tradition familiale encore important et qui fait que les gens n'osent pas dénoncer", a estimé M. Garrigue, rappelant que ces "faits extrêmement graves ont des conséquences majeures sur les victimes qu'on ne mesure pas de premier abord".
"Il est important que ces faits soient dénoncés et que ces crimes soient jugés à Mayotte", a-t-il martelé. 
 

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