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Grève chez TOTAL Mayotte : Mon roman-photo de la galère dans la chasse au carburant le 15 août 2017 (Emmanuel Tusevo)

© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO
© PHOTO : EMMANUEL TUSEVO
  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le

Je me suis endormi, hier 14 août, avec, dans la tête, les images des grévistes bloquant l’entrée et la sortie du dépôt pétrolier de TOTAL à Longoni au nord de l’île.
Dès ce matin du 15 août, jour férié de l’Assomption, il n’est pas question de grâce matinée, il faut se lancer dans le parcours de combattant pour s’approvisionner en carburant.

Mon passage dans 2 stations-service me confirme l’impact du blocage du dépôt  pétrolier: les camions-citernes n’ayant pas ravitaillé les stations-services, la rupture de carburant est totale... Dois-je oser le jeu des mots? Allez: les stations-services de TOTAL sont totalement vides!

J'apprends par la radio que la station-service de Jumbo Score à Majicavo au nord fournit du carburant à certaines personnes considérées prioritaires: infirmiers(es)à domicile, agents de l’ordre, etc.

Qu'est-ce que ça me coûte d'y faire un tour. On ne sait jamais. De Mamoudzou, je me lance à la ruée de l’or noir vers Majicavo en passant par Kaweni où je constate que la station-service fermée est prise d'assaut par des automobilistes qui espèrent qu'elle sera peut être ouverte dans la journée.

A Majicavo, j’observe de longues files d’attente de véhicules à la station-service de Jumbo Score, les automobiles sont alignées pare-choc contre pare-chocs. Les embouteillages débordent sur les chaussées de la route nationale qui mène vers le port de Longoni. le trafic routier est perturbé, paralysant même les conducteurs de passage qui n’ont pas besoin de carburant.

Les forces de l’ordre sont mises à contribution pour éviter tout débordement ou incident. Les policiers vérifient les cartes professionnelles prioritaires. Ils doivent quelques fois parlementer avec des conducteurs qui veulent faire passer les cartes grises de leur voiture pour des cartes prioritaires, autrement dit qui veulent prendre des vessies pour des lanternes. Les policiers veillent également à faire respecter la restriction en vigueur: 30 litres limites payées par carte bancaire et il n’est surtout pas question de se faire une réserve supplémentaire avec un bidon.


Contre mauvaise fortune, bon cœur. Le soleil cuisant n’empêche pas les uns et les autres de papoter:

- Mais que fait le préfet?
- Et ces fichus élus, on ne les entend pas!

N'étant pas prioritaire pour m'approvisionner en carburant et pour ne pas rentrer TOTALEMENT bredouille, je me suis fait la moisson de ces clichés photographiques jusqu'au moment où un monsieur, un agent de TOTAL (peut être non gréviste) est venu me reprocher de photographier sans autorisation.

Nous n’avons pas tardé, tous les deux, à échanger quelques «amabilités" et quelques noms d'oiseaux. 

Il m’a dit :" Rentre chez toi."
Je lui ai répondu:" Rentrer où? Le monde est mon pays."

J'ai peut être intérêt, même après la grève chez TOTAL, de ne pas retourner aussitôt m’approvisionner à la station-service de Majicavo.
Mince, un peu d’humour dans ce monde de brutes!

Emmanuel Tusevo Diasamvu.

RETOUR EN VIDEO SUR LA GREVE : 

TOTAL

 

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