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A qui le tour ?

  • Par Chamsudine Ali
  • Publié le

« Des ministres comme s’il en pleuvait » : c’est le titre d’un de nos articles à lire sur le site internet de Mayotte 1ère.  Une ministre a pris l’avion hier soir, et on attend la prochaine par le vol suivant. Tout le monde vient au chevet de Mayotte, on ne va pas s’en plaindre.

Autrefois à Paris, dans les rares occasions où les gouvernants parlaient de Mayotte, ce n’était jamais grave : c’est loin, c’est petit , il n’y a pas grand monde et il ne s’y passe  pas grand-chose. Aujourd’hui c’est différent. C’est toujours loin, c’est toujours petit, mais il y beaucoup de monde ; et il vaut mieux veiller sur cette  actualité comme une marmite sur le feu.
Hélène Geoffroy, la secrétaire d’Etat à la ville n’était jamais venue ; elle est repartie hier soir en disant qu’elle n’avait jamais vu de tels bidonvilles ; elle a visité Kaweni, la Vigie. « Il n’y a pas d’équivalent  ailleurs en France » a-t-elle dit hier soir avant de reprendre l’avion. « Je me suis rendue compte de l’insalubrité, de l’insécurité ; des conditions déplorables dans lesquelles les enfants doivent faire leurs devoirs ». La ministre a mesuré l’ampleur du problème ; « il faudra de la patience nous dit elle ; il faudra du temps, mais on va y arriver ». Et quand on lui fait remarquer qu ‘il ne lui reste que quelques semaines à gouverner, Mme la secrétaire d’Etat répond que le président François Hollande a demandé à ses ministres de continuer à être utile jusqu’au bout. En attendant on sait que Mayotte pourra compter sur une partie des 450 millions d’Euros de la politique de la ville en outremer ; et qu’il y a du boulot partout car Mayotte est le seul département où toutes les communes ont des quartiers dit prioritaires. Hélène Geoffoy résume très bien l’alternative : soit on fait quelque chose pour améliorer ces quartiers, soit on s’enferme derrière des barbelés ; selon elle il n’y a pas d’autre choix.
 
Autre problème qui est aussi  une véritable urgence : la crise de l’eau. Erika Bareigts arrive tout à l’heure avec des solutions, on l’espère.
 
On l’espère parce que le gouvernement a pris beaucoup de temps à réagir. On a laissé s’installer une situation du tiers monde dans le sud de Mayotte. Dans aucun autre département français on ne distribue de l’eau un jour sur deux, voire  un jour sur trois. Donc on attend Erika Bareigts sur chacune des propositions qui ont été avancées jusqu’à maintenant ; des plus simples aux plus compliquées. Il est simple de distribuer des bouteilles ; il est plus compliqué de transporter de l’eau par bateau. Il y a peu d’exemples dans le monde. Cela a été le cas à Barcelone en 2008,à la suite d’une grave sécheresse on a fait venir l’eau de Marseille par bateau ; c’est une solution rare et chère. L’usine de desalinisation c’est cher aussi. On verra ce que la ministre proposera et comment réagira la population du sud qui n’en peut plus. Alors tant pis si c’est cher, l’eau est un droit fondamental.
Et si l’on prend un peu de recul, si on réfléchit un peu : Nous sommes capables de dépenser des sommes folles pour lancer des programmes de recherche pour aller voir s’il y a de l’eau sur la planète mars ; et il n’y aurait pas moyen d’en fournir à nos concitoyens ? C’est à se demander s’il y a une forme de vie intelligente sur la planète terre.

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