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Nickel et manganèse : La première banque italienne est entrée au capital d’Eramet

  • Par Alain Jeannin
  • Publié le

La banque turinoise Intesa SanPaolo détient désormais 7,90 % du groupe minier et métallurgique français. Cette cession marque la fin d’un long contentieux, elle est aussi le signe d’un intérêt du capitalisme italien pour Eramet. Pas de conséquence directe pour la SLN et le nickel calédonien.

Usine de ferronickel SLN-Eramet de Doniambo en Nouvelle-Calédonie © Alain Jeannin
© Alain Jeannin Usine de ferronickel SLN-Eramet de Doniambo en Nouvelle-Calédonie
La société Carlo Tassara France a annoncé, le 20 décembre, avoir cédé l'intégralité de ses titres. Le fonds d'investissement de l'homme d'affaires Romain Zaleski détenait 12,79 % du groupe minier. Cette vente signe la fin d'une longue histoire entamée en 1999 et parsemée de nombreuses passes d'armes et autres contentieux juridiques.

La grande banque de l'Italie du Nord

La remontée de l'action Eramet ces derniers mois, a visiblement offert à Romain Zaleski une porte de sortie. L’opération a consisté pour les 3 banques créancières, dont Intesa SanPaolo, à récupérer les titres gagés auprès d'elles par l'homme d'affaires. Le 20 décembre, la première banque italienne a déclaré à l'AMF avoir franchi le seuil de 5 % du capital d'Eramet, et en détenir 7,89 %.

Une page se tourne

Dès le mois de septembre 2016, trois banques italiennes – Intesa SantePaolo, Unicredit et Ubi - évoquaient dans la presse transalpine la situation alarmante de Carlo Tassara dont elles détenaient d’énormes créances, pour un montant de 5,5 milliards d’euros. Après une première proposition de rachats des actifs de Carlo Tassara, le bras de fer entre l’homme d’affaires et ses créanciers s’est poursuivi jusqu’à sa conclusion le 16 décembre. Confronté à un mur de dettes, Romain Zalevski a choisi de conclure un accord. Parmi les nombreux actifs financiers, les trois groupes ont acquis séparément les 12,79 % que détenait Carlo Tassara dans Eramet. Seule la banque Intesa SanPaolo a franchi le seuil des 5 % et l’a donc déclaré à l’AMF, le gendarme français de la bourse. Pour Quentin Blanc, spécialiste de l’économie bancaire et financière à BSI Economics : « tout ce qui dissipe les incertitudes et lève des doutes rassure les marchés financier et a un impact positif ».

Presse italienne et Nouvelle-Calédonie

Dans ses éditions de l’automne, la presse économique italienne - et notamment le quotidien Il Messaggero - soulignaient l’importance du groupe Eramet et notamment sa position dans la production de nickel en Nouvelle-Calédonie. La banque Intesa SanPaolo qui est entrée dans le capital du groupe français est la première par ordre d’importance en Italie et la septième au niveau européen. Elle est particulièrement active dans les secteurs industriels de l’Italie du Nord. De fait, à l'heure où les prix des matières premières, et notamment du nickel calédonien et du manganèse gabonais, sont portés par la hausse de la demande et une offre plus limitée, les perspectives des producteurs comme Eramet sont elles aussi plus favorables. Et c’est tout le bénéfice que compte en tirer Intesa SanPaolo et les deux banques qui ont repris la participation de Carlo Tassara dans le premier producteur mondial de ferronickel.

Première séance de l'année positive pour les trois minières calédoniennes.
Eramet (SLN) progresse de 4,12 % - Glencore (KNS) de 3,41 % et Vale (VNC) de 4,00 %. Situation mardi 3 janvier 16 H 30 à Paris et à la bourse de Londres.

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