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2 ans de prison ferme requis pour les maisons jamais livrées

Un couple était jugé ce vendredi matin par le tribunal correctionnel pour abus de confiance et recel de bien. Il avait, entre 2009 et 2012, vendu des contrats à des Calédoniens pour la construction de maisons en bois. Maisons qui ne verront jamais le jour… 

  • Malia Noukouan (CM)
  • Publié le
Ils avaient promis des maisons en bois, clefs en main… Il n’en a rien été. Cinq ans après les faits, les 5 victimes réclament des dédommagements.
Les maisons étaient vendues entre 15 et 40 millions de FCFP, elles étaient construites en Nouvelle-Zélande… avant qu’un conflit n’éclate entre la société calédonienne et le fournisseur néo-zélandais, tout cela au détriment des victimes qui avaient déjà dépensé plusieurs millions de francs pour la maison de leur rêve.
Deux victimes ont témoigné de leur colère à la barre aujourd’hui et réclamé le remboursement des sommes versées, des acomptes pour la construction de la structure et le lancement des travaux de terrassement et d’assainissement.
De l’autre côté, seul le gérant de la société de construction, était présent ce vendredi à l’audience. L’absence de sa compagne a d’ailleurs été dénoncée par les membres du tribunal, qui se sont dits choqués par cette gestion désastreuse.

Pas de factures, pas de comptabilité, pas de déclaration de revenus

Le prévenu, responsable de cette ex-société de construction, n’avait enregistré aucune facture, donc pas de trace de paiement. Il ne tenait aucune comptabilité, ne déclarait pas non plus ses impôts, payait ses sous-traitants en liquide, il faisait aussi transiter l’argent de la société par son compte bancaire personnel. Pire : sa compagne et lui avaient été condamnés par le tribunal du commerce à une interdiction de gérer, après de nombreux déboires : leurs anciennes entreprises avaient toutes fait faillite.

"Où sont passés les millions ?"

Combien d’argent le prévenu a-t-il perçu ? Plus de 50 millions CFP, mais le nombre exact n’est pas connu puisque pas de preuve écrite. Des millions qui sont aujourd’hui introuvables. « Où sont passés ces millions » interroge le tribunal ? « La moitié partait chez l’entreprise néo-zélandaise, l’autre moitié servait à financer la main d’œuvre, je n’ai rien perçu », se défend le prévenu, ce qui ne convainc pas le tribunal.
« Cette insolvabilité a été créée par les prévenus eux-mêmes », estime le procureur de la République qui a requis 4 ans de prison dont 2 ans avec sursis à l’encontre du gérant et 2 ans de prison, dont un an avec sursis contre sa compagne, avec une obligation de remboursement pour tous les deux.
Le délibéré sera rendu le 24 octobre prochain.

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