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Les cases du Mwa Ka dégagées au bulldozer

A cinq heures, mardi matin, les forces de l’ordre sont intervenues pour évacuer les cases du Mwa-Ka installées illégalement depuis le 24 septembre dernier sur la Baie de la Moselle à Nouméa.

© Nouvelle-Calédonie 1ère. Cédric Michaut
© Nouvelle-Calédonie 1ère. Cédric Michaut
  • Angela Palmieri
  • Publié le , mis à jour le

Evacuation et destruction au lever du jour 


Les occupants des cases du Mwa-Ka à Nouméa ont été réveillés par l’arrivée des forces de l’ordre sur le site de la Baie de la Moselle et par le bruit des engins de démolition. Après avoir évacué les personnes qui dormaient à l’intérieur des cases, les forces de l’ordre ont fait procéder à la destruction des cases Kanak, en commençant par celle de l’aire coutumière Nengone.

Séquence No comment avec ces images réalisées par Cédric Michaut de NC 1ère , mais aussi quelques prises de vue issues d'un document amateur. Montage Karine Bopp Du Pont.

No comment : démolition des cases du Mwa-Ka

Le reportage de Brigitte Whaap et de Cédric Michaut qui ont assisté à la destruction des Cases du Mwa-Ka

Reportage de Brigitte Whaap

L'historique de la polémique « Cases du Mwa-ka »


En accord avec le haut-commissariat de Nouvelle-Calédonie et le sénat coutumier, la mairie de Nouméa a donc finalement obtenu la destruction des cases installées depuis le 24 septembre à proximité de la statue du Mwa-Ka en plein centre-ville de Nouméa. Selon un protocole d’accord signé entre les institutions et le « comité 150 ans après », les cases Kanak dressées pour les cérémonies du 24 septembre, devaient être démontées le 30 septembre dernier au plus tard. Mais une autre organisation impliquée dans l'organisation du 24 septembre, le collectif « une tribu dans la ville » avait refusé de quitter la Baie de la Moselle, même après la mise à disposition d’un nouveau site par le port autonome, près des quais de la ville.

Le rappel des faits avec ce reportage de Natacha Cognard de NC 1ère.

Rappel des faits


L'opposition entre la loi républicaine et la revendication  Kanak du collectif « une tribu dans la ville »


Une affaire de principe, une opposition entre l’application de la loi et les revendications politiques et culturelles d'un collectif Kanak  mais surtout l’échec du dialogue ont donc abouti à l’intervention radicale d’un bulldozer. « Il fallait malheureusement en arriver à une telle extrémité » a déclaré Gaël Yanno, adjoint au maire de Nouméa, « nous avons pris nos responsabilités et fait en sorte que la parole donnée par les organisateurs des cérémonies du 24 septembre soit respectée » a-t-il précisé. Du côté du collectif « une tribu dans la ville », la stupéfaction a vite cédé la place à l’incompréhension et  à la colère, « c’est honteux, enlever les cases c’est renier l’Accord de Nouméa » a notamment déclaré, en pleurs, une femme installée sur le site depuis le début de l’affaire « Cases du Mwa-Ka ».  

D'autres témoignages avec ce reportage de Martine Nollet de Radio NC 1ère

Reportage de Martine Nollet

Fichier audio

Écoutez le reportage radio de Martine Nollet

Les conséquences politiques


Cinq membres du collectif " une tribu dans la ville"  ont été interpellés par la police, mais la destruction des cases s’est  tout de même déroulée beaucoup plus calmement que prévu, les forces de l’ordre avait d’ailleurs mis en place  un dispositif conséquent afin d’éviter d’éventuels dérapages. La Baie de la Moselle, au coeur du centre-ville de Nouméa est toujours sous haute surveillance et la tension est palpable. Les membres du collectif " une tribu dans la ville " se sont rassemblés autour de la statue du  Mwa Ka et ont tenu dans l’après-midi une conférence de presse dans une ambiance très houleuse.   La destruction  des cases Kanak  de la Baie de la Moselle  a provoqué de multiples réactions dans le monde politique calédonien.  Dans le camp indépendantiste, les prises de positions divergent, au FLNKS c’est plutôt un appel à la modération : "il fallait s’attendre à une telle opération même s’il a été un peu brutale" a déclaré Victor Tutugoro, porte parole du FLNKS qui n’a jamais soutenu l’attitude jusqu’au boutiste du collectif  "une tribu dans la ville".  

Au Parti Travailliste, les propos sont beaucoup plus revendicatifs, "c’est une grande déchirure pour les Kanak" a déclaré Louis Kotra Ureigei qui considère que l’opération de destruction menée par les forces de l’ordre a "humilié une nouvelle fois le peuple Kanak".

Du côté du camp non indépendantiste, l’application de la loi semble satisfaire toutes les composantes même si Calédonie Ensemble parle de "gâchis" . Simon Loueckhote, ancien sénateur et élu Kanak a affirmé avoir "salué l’initiative de la mairie de Nouméa et de ses élus qui permet de mettre un terme à un scénario qui exaspérait tout le monde".

Après avoir hésité pendant plusieurs semaines, Albert Dupuy , le haut-commissaire de la République a donc finalement décidé de faire intervenir les forces de l’ordre, il était en effet difficile pour le représentant de l’Etat de laisser cette situation s’enliser à une dizaine de jours de la venue de Victorin Lurel, ministre des Outre-mer en Nouvelle-Calédonie. (du 22 au 26 novembre).

Voir le diaporama :



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