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Les visites houleuses des présidents français en Nouvelle-Calédonie

  • Par Elif Kayi
  • Publié le 10/11/2014 | 16:17, mis à jour le 10/11/2014 | 17:15

Une manifestation pour le maintien de la Nouvelle-Calédonie française doit se tenir lundi 17 novembre, pendant la prochaine visite de François Hollande sur le territoire. Ce dernier ne sera pas le premier Président français à susciter le mécontentement d'une partie de la population calédonienne. 

Jacques Chirac, en août 1986, à Nouméa © Remy Moyen / AFP
© Remy Moyen / AFP Jacques Chirac, en août 1986, à Nouméa
Les 16 et 17 novembre prochains, le président de la République française François Hollande se rendra en déplacement officiel en Nouvelle-Calédonie. Sa visite, qui s’annonce courte et chargée, n’est pas forcément du goût de tous. 
 
A Nouméa, le Front pour l'Unité (FPU) et le Mouvement Populaire Calédonien (MPC) ont appelé à manifester à l’heure du déjeuner, lundi 17 novembre. La manifestation « Fiers d’être Français » vise à interpeller le chef de l’Etat sur la volonté d’une majorité loyaliste, et qualifiée de « silencieuse », de rester Français. 
 
La visite du président François Hollande ne sera pas la première à causer des remous au sein de la population. Lors d’une visite éclair de 24 heures le 19 janvier 1985 sur le Caillou, le président François Mitterand avait annoncé l’élaboration d’un nouveau statut pour le territoire calédonien. Cette annonce avait conduit environ 30.000 personnes à descendre dans les rues de Nouméa pour manifester pour le maintien d'une Nouvelle-Calédonie française. 
 
En juillet 2003, le président Jacques Chirac était lui aussi interpellé, par des manifestants pro-indépendantistes cette fois. Jacques Chirac, qui avait attendu huit ans après son élection à la tête de l’Etat français en 1995 pour se rendre en Nouvelle-Calédonie, s’était retrouvé face à environ 1.500 manifestants de l’USTKE, rassemblés devant la résidence du Haut-Commissaire, où le président déjeunait avec des élus locaux. 
 
Au-delà de slogans comme « Libérez José Bové », les manifestants lui avaient aussi rappelé son rôle lors de l’assaut de la grotte d’Ouvéa le 5 mai 1988, alors qu’il était Premier ministre durant la première cohabitation mitterrandienne. « N’oublie pas que tu as du sang kanak sur les mains » pouvait-on lire sur une banderole. « Le Chirac d’Ouvéa n’est pas le bienvenu ici », avait même déclaré Gérard Jodard, président de l’USTKE. 
 
Seule la dernière visite d’un chef d’Etat français en août 2011, avec le président Nicolas Sarkozy, semble avoir dérogé à la règle. Celle-ci s’était même vue qualifier de « visite la plus consensuelle » depuis les années 1980, sans pour autant avoir suscité de réel enthousiasme. Au-delà de la question de l’avenir politique du territoire, les incidents de Maré, qui s’étaient déroulés peu de temps avant et avaient causé la mort de 4 personnes, avaient catapulté la question de la sécurité dans le carré des préoccupations sociétales majeures. 

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