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Au festival Cia Na Ton, le défi de préserver la tradition dansée

Samedi jusque tard dans la nuit, la mission de Bondé à Ouégoa a vibré au rythme du festival Cia Na Ton. Un événement qui a pour vocation de préserver les danses traditionnelles de Nouvelle-Calédonie. Mais dix ans après la première édition, le constat est amer.

Un atelier culturel autour de la sculpture, durant le festival Cia Na Ton. © NC 1ère / Cédrick Wakahugnème
© NC 1ère / Cédrick Wakahugnème Un atelier culturel autour de la sculpture, durant le festival Cia Na Ton.
  • Cédrick Wakahugnème (F.T.)
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Cia Canin, «le chant du repos», est un site emblématique. Jadis, cet endroit situé à la mission de Bondé servait de lieu de rassemblement aux guerriers kanak de la région en partance pour de grands conflits indigènes.

Mélanésia 2000

En 1975, Jean-Marie Tjibaou, le leader indépendantiste, lance l’opération Mélanésia 2000. «C'est ici qu'en 75, tous les gens de la région Hoot Ma Whaap mais aussi des autres régions, ont dansé toute une nuit, avant d'aller se présenter à Nouméa», raconte Ghislain Danguigny, l’un des membres du comité Cia Na Ton.

Valoriser les danses d'antan

En 2007, c’est tout naturellement que Cia Na Ton, «danser la nuit» en langue yuanga, s’implante à cet endroit. Un événement dont la vocation première est de valoriser les danses traditionnelles kanak. Refaire vivre ces danses d’antan, c’est retracer l'histoire et permettre aux jeunes générations de se les approprier.

«Avant le reggae»

Moïse Vhaou, originaire de la tribu de Kavatch à Hienghène, fait partie des pionniers. «Avant d'apprendre à danser le reggae, toutes sortes de danses qui arrivent, il faut savoir, déjà, danser sa danse, lance-t-il. Il vaut mieux qu'on garde tout ça. Même si on danse une fois, c'est déjà quelque chose, et c'est l'histoire.»

Mélange

Aujourd’hui, le constat est amer. Les danses traditionnelles kanak disparaissent comme peau de chagrin, et laissent place à un mélange avec la danse contemporaine. D’où la volonté de l’ensemble des acteurs de Cia Na Ton de préserver ces us et coutumes en privilégiant la transmission.

«Rupture»

« Le constat, il est là», martèle Jocelyn Tchidopoane, directeur du centre culturel Goa Ma Bwarhat de Hienghène: «il y a une rupture au niveau de la transmission. Les personnes qui étaient détentrices de ce savoir n'ont pas pu, à un temps donné, transmettre ce savoir-faire. Donc il est important pour nous de transmettre à nos enfants, pour qu'on puisse garder un minimum de ce patrimoine culturel.»

Redynamiser

Depuis, un groupe de réflexion a été mis en place. Objectif : redynamiser les groupes de danse traditionnelle dans chaque commune de la province Nord. Une lourde tâche pour l’ensemble des partenaires, qui ont bon espoir que la tradition soit encore préservée. 
 

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