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Une plaisanterie douteuse d'Emmanuel Macron sur les kwassa-kwassa suscite une vive polémique

En visite jeudi dernier au centre de sauvetage en mer d'Etel, le président de la République a surpris l'assistance avec une plaisanterie à propos des kwassa-kwassa et de l'immigration clandestine à Mayotte en provenance des Comores. Explication et réaction de l'Elysée qui veut éteindre la polémique.

Polémique Macron et les Kwassa
  • La1ere.fr
  • Publié le , mis à jour le
C'est l'émission "Quotidien", sur TMC, qui a repéré cette séquence tournée jeudi dernier alors que le chef de l'Etat était en visite en Bretagne, au Cross (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage) d'Etel. Alors qu'il discutait des différents types d'embarcations de pêche avec les responsables du Cross, Emmanuel Macron a fait de l'humour au sujet des kwassa-kwassa, qui "pêchent peu", mais "amènent du Comorien". Regardez cette vidéo :


Indignation sur les réseaux sociaux

Ces propos du chef de l'Etat suscite l'indignation de nombreux internautes sur les réseaux sociaux. 


Réactions politiques

"Si Sarkozy président avait prononcé cette phrase face caméra, le tollé aurait été gigantesque. +Du+ comorien. 12 000 morts. Et là... insensé", a réagi l'ex-ministre écologiste Cécile Duflot, sur Twitter.

"Blague douteuse. Le 2 poids 2 mesures des journalistes. Si j'avais tenu ces propos ils auraient crié au +dérapage scandaleux, polémique+", a fait valoir sur Twitter la députée européenne LR Nadine Morano.

"Président du Groupe d'amitié France-Union des Comores de l'Assemblée nationale, j'invite Emmanuel Macron à régler les problèmes locaux plutôt qu'à en rire", a déclaré le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, sur Twitter. Ecoutez sa réaction. Daniel Goldberg est interviewé par Julie Straboni, de Radio Outre-mer 1ère :
Le député européen Younous Omarjee, proche de Jean-Luc Mélenchon dénonce également la petite phrase d'Emmanuel Macron.
"Ce n'est pas parce qu'on dit que c'était pour rire qu'on n'a rien dit", a déclaré à l'AFP le chef de file de LR pour les législatives, François Baroin. "C'était évidemment choquant, encore plus quand on est président", a-t-il jugé, en marge d'un déplacement en Corse.
 

"Des excuses publiques"

Le Conseil représentatif des Français d'origine comorienne a lui aussi "condamné avec la plus grande fermeté les déclarations racistes et déshumanisantes du président Macron". Le président de cette association, Nassurdine Haidari a déclaré ceci
"Nous demandons expressément des excuses publiques du président et qu'il prenne sa responsabilité sur la tragédie qui se déroule sous ses yeux".
 Selon lui, ces commentaires sont "dignes de la famille Le Pen. Et plus précisément de Jean-Marie Le Pen".

Darchari Mikidache, coordinateur général du "Comité de la diversité et des Franco-comoriens pour le soutien de la candidature d'Emmanuel Macron", dénonce "une maladresse intolérable". Il continue malgré tout à soutenir l'action du président de la République. "J'attends qu'il mette en oeuvre le Pacte d'avenir et de développement avec l'Union des Comores, évoqué durant la campagne présidentielle". Regardez sa réaction. Il est interviewé par Albane Lussien et Philippe Hernando, France Ô/Outre-mer 1ère.

 

L'Elysée reconnait "une plaisanterie pas très fine"

Europe 1 et LCI ont contacté samedi matin la cellule de communication de l'Elysée qui reconnait une maladresse de la part du chef de l'Etat : 

C'est une plaisanterie pas très fine et malheureuse, mais qui ne reflète pas la politique ou la prise de position du Président sur le sujet. Il est difficile de taxer Emmanuel Macron de racisme ou de légèreté. Il a eu l’occasion de s’exprimer sur ces sujets, notamment au cours de la campagne lors de son déplacement à Mayotte. C’est une polémique qui n’a pas lieu d’être. Quant à l’idée qu’il y aurait deux poids deux mesures : la différence c’est que contrairement à certaines autres personnes, Emmanuel Macron a une ligne claire vis-à-vis de l’immigration clandestine et des migrants. Il a par exemple été l’un des premiers a salué la politique migratoire d’Angela Merkel".


 


Le drame de l'immigration clandestine

Les Kwassa-kwassa sont les embarcations de fortune qui transportent les nombreux Comoriens qui immigrent clandestinement à Mayotte.
Un kwassa kwassa aux environs de Mayotte (images d'archives) © AFP
© AFP Un kwassa kwassa aux environs de Mayotte (images d'archives)

La traversée en Anjouan et Mayotte est périlleuse. De nombreux Kwassa-Kwassa font naufrage. Des cadavres sont régulièrement repêchés au large de Mayotte. Et lorsqu'ils parviennent jusqu'à Mayotte, les Kwassa-kwassa sont parfois interceptés par les forces de l'ordre, comme le montre ce décryptage d'Outre-mer 1ère / France Ô :


Revoir "Archipels", consacré à cette immigration massive

Pour mieux comprendre ce phénomène de l'immigration clandestine massive entre Anjouan et Mayotte à bord de Kwassa-kwassa, regardez ici le magazine Archipels de juillet 2016 :
 

 

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