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Corée du Nord / USA : l'escalade

Le ton monte entre Washington et Pyongyang dont le régime affirme vouloir tirer quatre missiles à proximité de l'île de Guam où se situe une importante base aéronavale américaine.

Kim Jun Un, leader de la Corée du Nord © ED Jones AFP/ France infos
© ED Jones AFP/ France infos Kim Jun Un, leader de la Corée du Nord
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Le régime nord-coréen a confirmé jeudi 9 août vouloir tirer quatre missiles vers l'île américaine de Guam, dans le Pacifique, affirmant que seule la force fonctionne avec le président américain Donald Trump, "un gars qui a perdu la raison".
              
Après avoir promis mardi le "feu et la colère" au régime de Kim Jong-Un, Donald Trump s'est montré mercredi, d'un simple tweet, plus menaçant encore, affirmant que l'arsenal nucléaire américain était "plus fort et plus puissant" que jamais.
              
S'il a dit espérer ne pas avoir à utiliser l'arme dévastatrice, ses propos marquent un nouveau palier, au moment où la communauté internationale cherche les moyens de freiner le développement des programmes balistique et nucléaire nord-coréens.
              
Le ton contrastait singulièrement avec celui de son secrétaire d'Etat, Rex Tillerson. Depuis le territoire américain de Guam, au cours d'une escale prévue de longue date, il a insisté mercredi sur le fait qu'il n'existait à ses yeux "aucune menace imminente".
              
Quelques heures auparavant Pyongyang avait menacé de tirer des missiles sur cette petite île du pacifique, d'une importance stratégique pour les Etats-Unis.
              
"Je pense que les Américains peuvent dormir tranquillement et ne pas s'inquiéter de la rhétorique de ces derniers jours", a ajouté M. Tillerson, insistant sur les intenses tractations diplomatiques en cours.
              
De son côté, le chef du Pentagone Jim Mattis a appelé Pyongyang à arrêter sa course aux armes nucléaires, mettant en garde contre des décisions qui mèneraient "à la fin de son régime et à la destruction de son peuple".
              
"Les actions du régime de la RPDC (la Corée du Nord, ndlr) seront à chaque fois largement surpassées par les nôtres et il perdrait toute course aux armements ou conflit qu'il déclencherait", a insisté l'ancien général des Marines, soulignant l'isolement grandissant de Pyongyang.
                  

Guam, avant poste des forces américaines dans le Pacifique

                          
Réagissant à l'escalade verbale du président Trump, l'agence officielle nord-coréenne KCNA a affirmé jeudi matin qu'"un dialogue sensé n'est pas possible avec un tel gars qui a perdu la raison et seule la force absolue fonctionne avec lui".
              
Selon KCNA, l'armée nord-coréenne aura achevé à la mi-août ses plans pour une attaque contre Guam. Ces plans, prévoyant le tir de quatre missiles qui survoleront le Japon, sera présenté pour approbation à Kim Jong-Un et constituera un "avertissement crucial aux Etats-Unis", a précisé l'agence.
              
Et l'agence d'indiquer que ces quatre missiles "voleront 17 minutes et 45 secondes sur une distance de 3.356,7 km, et s'écraseront en mer à 30 ou 40 km de Guam".  
              
Cette île reculée de quelque 550 km2 est un avant-poste clé pour les forces américaines sur la route de l'Asie, où vivent 162.000 personnes. Environ 6.000 soldats y sont déployés et elle dispose surtout d'une base aérienne capable d'accueillir les bombardiers lourds américains du B-52 au B-2 en passant par le B-1.
              
Le calme régnait à Guam où les autorités, rassurantes, invitaient habitants et touristes à "se relaxer et à profiter du paradis".
              
Sur la scène internationale, plusieurs pays ont exprimé leurs inquiétudes face au ton belliqueux adopté par le locataire de la Maison Blanche. L'Allemagne a appelé toutes les parties "à la retenue". La Chine, le seul véritable allié du régime nord-coréen, a exhorté à éviter "les paroles et actions" susceptibles d'accroître la tension dans la péninsule.
                               

Comparable à la crise de Cuba              

                              
Interrogée sur la succession de notes discordantes depuis 24 heures, Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat, a assuré que les Etats-Unis parlaient "d'une seule voix". "Et d'ailleurs, le monde parle d'une seule voix", a-t-elle ajouté, évoquant le vote par le Conseil de sécurité de l'ONU de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord.
              
Le pays reclus est désormais doté d'armes nucléaires susceptibles d'être embarquées sur des missiles balistiques, y compris des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), selon les conclusions d'un rapport confidentiel achevé en juillet par l'agence américaine de renseignement militaire, la DIA.
              
Mais les spécialistes divergent de longue date sur les véritables capacités du Nord, en particulier à miniaturiser une tête nucléaire de façon à pouvoir la monter sur un missile.
              
Seul point de consensus: Pyongyang avance à grand pas depuis l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un en décembre 2011.
              
Dans ce climat tendu, l'un des conseillers de Donald Trump, Sebastian Gorka, a appelé à l'unité derrière le président, dressant un parallèle avec la crise des missiles soviétiques à Cuba, qui, au début des années 60, mena le monde au bord du conflit nucléaire. "Durant la crise des missiles de Cuba, nous nous sommes rassemblés derrière JFK. C'est comparable à la crise des missiles", 
L'île de Guam

GUAM: L'îLE PERDUE DU PACIFIQUE HAUTEMENT STRATéGIQUE
                             
L'île de Guam est un petit territoire américain perdu au milieu du Pacifique ouest, mais essentiel pour les Etats-Unis d'un point de vue militaire.

L'île de 550 km2, est découverte en 1521 par le navigateur portugais Magellan, puis occupée dès 1526 par l'Espagne.
             
Elle devient colonie américaine aux termes du Traité de Paris de 1898 qui met fin à la guerre hispano-américaine. Elle sera envahie par le Japon en décembre 1941, dès le début de la guerre du Pacifique, et libérée en juillet 1944.
             
Guam a un statut de territoire non incorporé organisé des Etats-Unis, comme Porto-Rico.
             
Ses 162.000 habitants, dont 40% environ sont issus de la population indigène Chamorro, sont citoyens américains, mais avec des droits limités.
             
Ils ne peuvent participer aux élections américaines et le seul représentant de l'île au Congrès n'a pas le droit de vote sur les propositions de loi.
             
Des voix s'élèvent régulièrement pour demander un référendum d'autodétermination, rejeté par la justice fédérale américaine.
             
Le républicain Eddie Calvo occupe depuis 2011 la fonction de gouverneur.
             
Sur Guam, qui figure sur la liste de l'ONU des territoires non autonomes, 45.000 personnes reçoivent une aide alimentaire et bénéficient du système de santé publique américain.
             
Située dans l'océan Pacifique ouest à quelque 2.600 km à l'est des Philippines, l'île principale de l'archipel des Mariannes est un avant-poste stratégique pour les forces américaines qui comptent environ 6.000 soldats sur une base aérienne et une base navale.
             
Guam était notamment le point de départ des bombardiers B-52 chargés d'attaquer Hanoï pendant la guerre du Vietnam (1955-1975).
             
L'armée américaine contribue de façon importante à l'économie locale, également dépendante du tourisme.
             
Les plages paradisiaques, complexes hôteliers et magasins duty-free ont attiré plus de 1,5 million de visiteurs en 2016, la plupart japonais ou coréens, dont dépendent un tiers des emplois du territoire.
             
Le PIB par habitant s'élevait à 35.439 dollars en 2015, soit un peu moins que la France (36.527 dollars).

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