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[MàJ] Assises : il fend la tête de son neveu à la hache

L'accusé vient d'être condamné à 20 ans de prison pour meutre avec meurtre avec préméditation, ce 17 février. Un soir de décembre 2014, à Niau, il a fendu la tête de son neveu endormi, de deux coups de hache. Des tensions familiales sur fond d’alcoolisation massive sur un atoll isolé.

ASSISES : LE MEURTRIER PRESUME DE NIAU A LA BARRE © Polynesie1ere
© Polynesie1ere ASSISES : LE MEURTRIER PRESUME DE NIAU A LA BARRE
  • L. G, M. V
  • Publié le , mis à jour le

ASSISES : LE MEURTRIER PRESUME DE NIAU A LA BARRE
ASSISES : LE MEURTRIER PRESUME DE NIAU A LA BARRE

A Niau, l’accusé vit du coprah depuis ses 13 ans : « Mon père m’a toujours dit : ‘le cocotier, c’est ta vie.’ » Les cheveux grisonnants, de taille moyenne (« 1 mètre et quelques », précise-t-il), le t-shirt délavé, il s’exprime en tahitien. Dans le box, il est très prolixe, reconnaît volontiers les faits, avec moult détails. Oui, ce soir-là, il a pris sa hache servant à ouvrir les cocos en deux, s’est rendu chez son neveu à 138 m de là, et l’a « coupé » à deux reprises. Il n’a rien tenté de dissimuler. Il n’a pas caché sa hache, ne l’a pas essuyée. Il a passé la nuit « à réfléchir ». Le lendemain matin, il est retourné chez son neveu et, constatant son décès, est allé se dénoncer chez le maire. Sur cet atoll isolé, il faut attendre les gendarmes de Tahiti, par un vol Air Archipels entre deux évasans…alors, en attendant, le muto’i de l’île l’attache à un tronc et la population le moleste.
L’atoll est dépourvu de chambre froide et même de glace. A l’arrivée des gendarmes, deux jours après les faits, le corps est en état de décomposition avancée. La victime n’est pas identifiable. L’enquêteur en identification criminelle a du mal à distinguer les plaies. Et les objets alentours sont souillés par la putréfaction. Lors de l’autopsie, ses cicatrices et ses tatouages confirmeront son identité.

Une dispute sur fond d’alcoolisation massive

Tatu n’est pas simple d’esprit. Il est alcoolique. Tellement alcoolique que l’alcool a commencé à attaquer son cerveau. Les experts notent « une altération du discernement. » Suffisamment conscient en tout cas pour comparaître devant une cour d’assises, mais il encourt 30 ans de prison ferme, au lieu de la réclusion criminelle à perpétuité.
Ce samedi de décembre, il travaille le coprah avec son neveu de 33 ans. Alcoolisés tous les deux, une dispute éclate sur le partage de l’argent au moment de la vente des sacs. Son neveu saccage la maison de l’accusé, le menace de mort et le frappe, au point de lui fracturer une côte. Tatu a peur que son neveu mette ses menaces à exécution. C’est ce qu’il dit pour expliquer son geste. Surtout que son neveu, Denis, accroc à la drogue et à l’alcool, est connu pour ses violences. Partout sur Niau et à Tahiti, il cherche la bagarre, vole et boit. « Pourquoi n’avez-vous pas déposé plainte auprès du muto’i ou du tavana ? demande l’avocat général. « Je l’avais déjà fait plusieurs fois, à chaque fois ils m’ont dit ‘OK’ et il ne s’est rien passé par la suite. Ca ne sert à rien, " répond l’accusé.
Les deux hommes vivent seuls, dans des maisons proches les unes des autres. Tatu a bien essayé de se mettre en couple. Il avait rencontré une femme à Tahiti, mais « elle n’aimait pas le ‘ipo. Elle ne savait même pas le préparer. Qu’est-ce qu’on va manger ? » Elle est repartie à Tahiti…

Deux coups de hache en plein visage

Le premier jour d'audience ressemblait presque au procès de la victime, Denis, 33 ans. Décrit comme violent, fainéant et vivant comme un SDF entre Tahiti et Niau. Plus personne ne voulait l'accueillir. Sa famille semblait même débarrassée qu’il retourne à Niau, avec son oncle. Sa tante, Michelle, témoigne à la barre : « On ne fait pas d’un âne un cheval de course ! J’ai mal pour mon frère. Il n’est pas un assassin. L’alcool est son seul plaisir, mais ce n’est pas un voleur, ni un assassin. Il est travailleur. Denis était un élément destructeur. Il a foutu sa vie en l’air et celle de mon frère. Beaucoup de jeunes veulent de l’argent, mais ils ne veulent pas travailler. Et maintenant, ma sœur va demander de l’argent pour un fils mort (intérêts civils, ndlr) qu’elle n’a jamais élevé. Tout le monde veut de l’argent, mais va le chercher sur le dos des autres. C’est ma famille, Madame la Présidente, on ne choisit pas. » Dans le box, l’accusé pleure discrètement dans son t-shirt délavé.

Pourtant, les coups portés par Tatu sont extrêmement violents. Deux coups de hache, en plein visage, de 28 et 14 cm de long. Tellement profonds que les vertèbres en ont été fracturées. La victime est morte sur le coup, sans avoir eu le temps de se réveiller. Les enquêteurs ont relevé 0,67 g d’alcool dans son sang.

Les faits sont simples. Le deuxième et dernier jour de procès a été consacré aux plaidoiries et au réquisitoire : l'avocat général, José Thorel, a demandé le maximum, 30 ans de prison ferme. Mais les jurés l'ont finalement condamné à 20 ans de prison ferme.
La prison, Tatu ne la craint pas. Cela fait déjà 2 ans et 2 mois qu’il est en détention préventive : « ça va, on mange bien à Nuutania. Je vais à l’école, maintenant j’aime bien. Et à la muscu. » dit-il à la Présidente.
 

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