publicité

Les Réunionnais de la Creuse demandent une cellule psychologique et des billets d'avion

Les Réunionnais de la Creuse se font entendre. La commission mandatée par le gouvernement sur ce dossier a tenu sa première audition à Paris, après celle de La Réunion en octobre dernier. L'histoire de ces centaines d'enfants exilés dans l'hexagone à partir de 1963 reste ô combien douloureuse. 

Des Réunionnais de la Creuse à l'audition organisée par la commission chargée de laire la lumière sur leur histoire © CB
© CB Des Réunionnais de la Creuse à l'audition organisée par la commission chargée de laire la lumière sur leur histoire
  • Par Cécile Baquey
  • Publié le , mis à jour le
"Ces auditions servent à donner la parole à ces ex-mineurs transplantés qui en ont été privés pendant trop longtemps", explique Philippe Vitale, président de la commission d’experts. Cette instance mise en place en février 2016 par l’ancienne ministre des Outre-mer George Pau-Langevin a pour mission de comprendre comment et pourquoi des centaines d’enfants réunionnais ont été exilés dans l’hexagone de 1963 à 1981. Elle doit également faire des propositions.

Audition des enfants de la Creuse à Paris dans la salle Solitude du ministère de l'Outre-mer © CB
© CB Audition des enfants de la Creuse à Paris dans la salle Solitude du ministère de l'Outre-mer

Un nombre précis

"Jusqu’à présent, le chiffre évoqué était de 1 615 enfants réunionnais de la Creuse, certains disaient 1 630, précise Philippe Vitale, nous en sommes aujourd’hui à 2 150 ex- mineurs transplantés dont nous avons recensé exactement les départs. On a vérifié trois fois. C’est une avancée sérieuse. Il aura fallu six mois dans les archives. Cela vient de se terminer aujourd’hui aux archives de Montpellier".

L'enfer à l'école

Parmi ces enfants déracinés, aujourd'hui présent à l'audition, Marlène Oulédy. Elle a compris il y a seulement quelques mois que son enfance avait à voir avec les Réunionnais de la Creuse. Arrivée en 1971 à l’âge de 4 ans dans l’hexagone, elle a été immédiatement séparée de son petit-frère.

Marlène Oulédy (à droite) © CB
© CB Marlène Oulédy (à droite)

A force de ténacité, elle est parvenue à le retrouver en 1997. Elle avait 30 ans. L’enfance de Marlène est marquée par un père adoptif violent. "Jusqu’à l’âge de 7 ans, je ne parlais pas. A l’école, on se moquait sans cesse de moi, en particulier le jour où je n’ai pas su dire ma date de naissance, je ne la connaissais pas".

Des propositions

Pour elle, comme pour les autres Réunionnais de la Creuse, la commission doit faire des propositions pour les accompagner, les aider. Regardez ci-dessous le reportage de France Ô sur la première audition organisée à Paris :
 
Audition des enfants de la Creuse à Paris

La commission organise des auditions pour connaître les demandes des enfants de la Creuse. "Nous voulons savoir s’ils ont des difficultés par rapport à l’accès aux dossiers. Nous voulons connaître leurs contraintes, leurs attentes", précise Philippe Vitale.

Des billets et une cellule psychologique

La priorité, selon Valérie Andanson, porte-parole de la Fédérationsdes enfants déracinés des DROM, ce sont d’abord des billets d’avion pour La Réunion et une cellule psychologique. "On a besoin d’un suivi car il y a encore énormément de traumatismes aujourd’hui", souligne-t-elle.

La commission doit rendre son rapport définitif en févier 2018. Mais la ministre des Outre-mer, la Réunionnaise Ericka Bareigts, très impliquée dans ce dossier, devrait annoncer des mesures en faveur des enfants de la Creuse avant la fin du mandat de François Hollande. 

Sur le même thème

ECOUTER    VOIR    S'INFORMER   Partout et à tout moment
Mobile devices
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play