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Des vols directs entre Paris et Saint-Pierre à l'été 2018 ?

  • Par Delphine Jeanneau
  • Publié le , mis à jour le

Le très attendu rapport sur la desserte aérienne a été rendu public ce vendredi 10 février. Pour les experts, un vol direct entre Saint-Pierre et Paris est possible mais à certaines conditions et pas avant l'été 2018. 

© SPM1ère (archives)
© SPM1ère (archives)
Prévu initialement pour novembre 2016, le rapport sur la desserte aérienne de l'archipel a été rendu public ce vendredi 10 février. Il est disponible sur le site internet du conseil général de l'environnement et du développement durable (cliquer ici). Une étude demandée par le secrétaire d'Etat chargé des transports, de la mer et de la pêche à la suite d'une pétition adressée par la population de Saint-Pierre et Miquelon au Président de la République après la mise en place de l'AVE, l'autorisation de voyage électronique par le Canada, demandant une ligne directe entre la capitale et Saint-Pierre. 

Que contient ce rapport? 

Au coeur de ce rapport donc, la faisabilité d'une liaison aérienne directe entre Paris et Saint-Pierre. Un tel vol relierait les deux villes en 6h30 selon le rapport. Même si les possibilités de vol triangulaire et de vol classique avec une escale plus proche que Montréal ont été étudiées, "pour résoudre la question du visa (Autorisation de Voyage électronique) imposé désormais par les autorités canadiennes et assurer une réelle continuité territoriale, seul le scénario du "vol direct" doit être retenu parmi les différents scénarios alternatifs étudiés", recommande le rapport. Un vol direct "techniquement possible" pour les experts avec "un avion de type Airbus A 320 ou Boeing 737 de nouvelle génération malgré quelques contraintes opérationnelles". 

Les précisions en images de Patrick Caillet : 

Rapport sur la desserte aérienne

Possible du point de vue technique
Les contraintes techniques " ne sont pas de nature à remettre la faisabilité du vol direct", précise le rapport, "mais il ne faut pas pour autant les négliger car elles peuvent avoir un impact sur la régularité de la ligne et sur l'économie". 
  • Sens Saint-Pierre-Paris : "La longueur de piste ne permet pas de décoller à pleine charge", analyse le rapport. Une contrainte qui pourrait donc entraîner une limitation de la charge marchande ou obliger l'appareil à faire une escale pour un ravitaillement en carburant.
  • Sens Paris-Saint-Pierre : en cas de mauvaises conditions météo, l'avion pourrait être conduit "à se dérouter vers un aéroport de dégagement comme celui de St-John's".
En ce qui concerne les infrastuctures aéroportuaires, seul un agrandissement des surfaces pour la livraison des bagages à l'arrivée et l'espace contrôle de sûreté et salle d'embarquement du côté des départs est préconisé. 

Les fréquences étudiées 
Le rapport part sur la base de 9 000 passagers à l'année à destination de la métropole depuis Saint-Pierre. Pour ce potentiel vol direct, "le tarif de base a été fixé à 600 euros aller simple"  soit 1 200 euros pour un aller-retour. La recette moyenne est évaluée à 1000 euros "compte tenu des réductions existantes". Les fréquences de liaisons directes étudiées sont au nombre de trois : 

  • 8 rotations par an, soit un vol hebdomadaire pendant la période estivale : 1 530 passagers estimés, augmentation du déficit : 220 000 euros
  • 40 rotations par an, un vol hebdomadaire hors période hivernale : 4 800 passagers estimés, augmentation du déficit : 2 510 000 euros
  • 52 rotations par an, un vol hebdomadaire tout au long de l'année : 6 300 passagers estimés, augmentation du déficit : 3 450 000 euros
Quid de la compagnie locale ? 
"Sans préjudice du résultat de l'appel d'offres pour le renouvellement de la DSP (délégation de service public, ndlr), la compagnie Air Saint-Pierre devrait rester au coeur de l'évolution de la desserte aérienne et assurer les vols directs vers la métropole en ayant recours à l'affrètement d'une compagnie tierce". Cet appel d'offres portera sur les années 2018-2022. Le rapport précise que "cette nouvelle convention pourrait regrouper la desserte du réseau international actuel et la desserte de la métropole et prévoir le lancement de vols directs, à titre expérimental, sur la base de 8 vols pendant la pointe estivale de 2018, ce nombre étant susceptible d'évoluer les années suivantes". Pour les experts : "Le lancement dès 2017 paraît irréaliste". Le délai est jugé trop court.

Si le rapport souligne à plusieurs reprises les performances opérationnelles "unanimement saluées" de la compagnie locale, sur le plan de la régularité, notamment lors des conditions météo dégradées, il précise aussi qu'elle "a des coûts de production élevés au regard des comparaisons internationales, même après prise en compte des spécificités de son réseau". Pour les experts la compagnie devrait donc s'adapter et faire des économies sur ses coûts. 

En résumé... 

  • Même s'il ne faut pas les négliger, les contraintes techniques "ne sont pas de nature à remettre en cause la faisabilité du vol direct".
  • Le rapport recommande qu'Air Saint-Pierre reste au coeur du dispositif par la voie de l'affrètement d'un avion d'une autre compagnie.
  • La mise en place de vols directs Saint-Pierre-Paris CDG pourrait se faire à titre expérimental sur la base de 8 vols, un par semaine, pendant la pointe estivale de 2018. Ce nombre pouvant évoluer dans les années suivantes. 
  • Durée de vol : 6h30, tarif de base estimé 1 200 euros. 

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