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Nouvelle-Calédonie - usine de nickel VNC : ce qu’a dit le PDG de Vale à ses investisseurs

Le 27 juillet, le PDG de Vale au Brésil a dialogué avec ses investisseurs à propos des derniers résultats du groupe minier. Au cours de cette conférence téléphonique, Fabio Schvartsman a résumé la situation de son usine calédonienne de nickel : « Elle sera rentable ou elle fermera ».

Usine de nickel Vale en Nouvelle-Calédonie. Site minier de Goro en province-Sud
Usine de nickel Vale en Nouvelle-Calédonie. Site minier de Goro en province-Sud
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le , mis à jour le
Le compte-rendu disponible sur le site internet de la multinationale minière offre un résumé de l’échange entre le PDG de Vale, le comité de direction du groupe, et ses investisseurs. Mais comme tout résumé, il ne rapporte que l’essentiel. 

Les propos tenus le 27 juillet, par Fabio Schvartsman depuis le siège de Vale à Rio au Brésil, apparaissent sévères et déterminés. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’ils s’adressent à des investisseurs pour lesquels ne comptent que la progression de l’action en bourse et les dividendes versés par l’entreprise. Le PDG de Vale a voulu rassurer en faisant preuve de fermeté mais en indiquant aussi qu’il voulait sauver l’usine calédonienne. Vale Nouvelle-Calédonie a perdu beaucoup d’argent mais ses résultats sont en amélioration. Le management international de Vale veut trouver une solution positive. Le coût de production de l’usine calédonienne, autour de 11.000 dollars la tonne de nickel, se rapproche du cours du métal à la bourse des métaux de Londres (10.397 dollars). La différence entre les deux constitue la variable d’ajustement qu’il va falloir trouver ou compenser... L’industriel brésilien, premier producteur mondial de nickel n’a pas l’intention de renoncer sans combat à un investissement industriel de 6 milliards de dollars. 

Vale : conférence téléphonique

La question posée par le représentant d’un fonds spéculatif reflète l’inquiétude pour son investissement financier. John Brandt est responsable financier et clientèle de la société de gestion d'actifs américaine Janus Capital basée à Denver dans le Colorado. Janus Capital détient vraisemblablement un portefeuille d’actions de Vale. Mr. Brandt participe, en conférence téléphonique, à la présentation des résultats de Vale. Il s’adresse à Fabio Schvartsman.

27 juillet 2017 : « Bonjour mesdames et messieurs. Bienvenue à la conférence téléphonique de Vale pour évoquer les résultats du deuxième trimestre (2T17) ».

Question de John Brandt : « Ma seconde question concerne Vale en Nouvelle-Calédonie. Fabio, je sais que vous voulez donner un peu plus de temps pour que le projet soit durable. Je me demande combien de temps vous êtes prêt à y consacrer et si vous avez calculez les frais de fermeture éventuelle de l’usine calédonienne, si vous devez emprunter cette voie ».

Réponse de Fabio Schvartsman : « En ce qui concerne VNC J’ai dit exactement ce que je voulais dire. Nous cherchons de façon sérieuse comment transformer le complexe industriel en affaire durable. Et après, et seulement après, si ce n’est pas le cas, nous allons trouver le moyen de fermer l’usine. Donc, nous analysons et nous évaluons tous les scénarios possibles. Nous sommes en train de faire un audit mais je n’en connais pas le résultat. C’est-à-dire le résultat de cette évaluation. Mais la priorité est de trouver une solution durable. La fermeture serait le dernier recours. Vous imaginez, après avoir investi des milliards de dollars là-bas, je ne peux pas simplement aller en Nouvelle-Calédonie et fermer l’usine, sans tenir compte de tous les efforts, de tous les postes de travail qui existent, de tout ce qui est là-bas. La fermeture interviendra seulement si, à la fin, on ne peut pas continuer. Une chose est claire, nous n’allons pas investir plus d’argent pour maintenir notre activité. Donc il faut trouver une solution sans mettre plus d’argent. Et on cible cet objectif ». (Traduction Brett Kline pour La1ere.fr)

Qu'en pense le Metal Bulletin ?

Les propos de Fabio Schvartsman et ses échanges avec les journalistes et les analystes ont été publiés en intégralité sur le site de Vale. Cette publication, aussi intéressante soit-elle, est une synthèse. Tout n’est pas rapporté. Ce Jeudi 3 juillet, une journaliste spécialisée revient sur le point sensible de l’usine calédonienne de nickel. La correspondante en Amérique latine du Metal Bulletin a participé à la conférence téléphonique de Vale. Elle donne son sentiment à la 1ere.fr : « le nouveau PDG semblait assez ferme avec Vale Nouvelle-Calédonie. Mon sentiment ? Je dirais qu'ils pourraient (Vale) vraiment fermer l'usine »… « Le PDG a utilisé le mot « arrêt » à plusieurs reprises comme alternative si une solution durable n’est pas trouvée »… « C'était quelque chose comme «ils trouveront en Nouvelle-Calédonie un moyen d'être durables ou nous devrons l'arrêter»… « Ils pourraient vendre, mais quelqu'un voudrait-il l'acheter ? Un peu comme la situation sur le site industriel de Doe Run au Pérou. C’est triste pour les travailleurs mais tout n’est pas perdu ».

Analyse

Pour Jean-François Lambert, spécialiste en investissement des matières premières et ancien directeur de la branche londonienne de la banque HSBC, "la pression monte en interne, au sein de la division nickel de Vale à Toronto, comme en externe pour le management de l’usine calédonienne. Bien sûr, si les Philippines fermaient leurs usines de nickel et si l’Indonésie revenait à sa politique de valeur ajoutée locale, les commentaires du PDG de Vale seraient différents. Mais il ne faut pas trop rêver. La dure réalité, c’est que Fabio Schvartsman n’aime pas avoir une épine dans le pied, surtout quand il reprend les chaussures de son prédécesseur".

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