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5 chefs coutumiers devant la justice pour avoir bloqué l'aéroport en 2015

Traduits en justice pour entrave à la liberté de circulation au sein de l’aéroport international de Hihifo et entrave à la loi du travail, les 5 chefs coutumiers dont le roi Tominiko Halagahu Lavelua Mautamakia déclarent avoir agi au nom de leur population.

  • Par Leone Vaitanoa
  • Publié le
3 prévenus sur 5 ont répondu présents à la convocation du tribunal: les deux chefs de village Mikaele Vaitanaki  HEU , Kapeliele Sako  KULIFEKAI  et le ministre Pasilite Hensen ULUIMONUA . Déclarés absents pour des raisons de santé : Mikaele Tauhavili KULITEA et Tominiko Halagahu  LAVELUA MAUTAMAKIA . Ils sont poursuivis pour entrave à la libre circulation au sein de l’aéorport de Hihifo et entrave à la loi du travail car aucun agent n’a pu intégrer son lieu de travail pendant cette période dite « de blocage ».

Les faits remontent au 23 novembre 2015, où une partie de la population de Hihifo, accompagnée par des chefs coutumiers, bloquent l’accès à l’aéroport de Hihifo. Ces derniers demandent une entrevue avec le préfet Marcel Renouf pour régler certains points de désaccords avec la Directrice de l’Aviation Civile, notamment sur des emplois fonciers.
« On n’a pas respecté la parole donnée par nos ancêtres », déclare Pasilite Hensen ministre coutumier. « Nos grand-parents ont cédé des terres à l’Etat pour l’aéroport, en contrepartie nous devions bénéficier de quelques emplois, ce n’était pas écrit mais ici la parole est sacrée » poursuit ce dernier en précisant que les chefs coutumiers n’ont fait que relayer la volonté de la base.
L’avocat général quant à lui déplore que cette affaire de blocage,« parce qu’il y a bien eu blocage, beaucoup de témoignages le prouvent », ait pris cette tournure et qu’elle se traduise finalement par un procès : «  Tous les blocages qui ont lieu en France Métropolitaine ne finissent pas en correctionnel, et pourquoi est-ce le cas ici ? ». A la fin, le ministère public requiert de l’emprisonnement avec sursis pour tous et des amendes allant de 80 à 100 000 francs CFP pour chacun.

L’avocat de la défense remet en doute la solidité de cette affaire en commençant son plaidoyer par ces mots « Appelons un chat un chat, ce dossier est bancal…On aurait pu éviter ces débordements, le préfet n’a pas voulu recevoir les représentants de la chefferie coutumière…10 jours de blocage avant qu’ils ne soient entendus ».

Le jugement sera rendu le 26 octobre 2017, en attendant, les prévenus ne sont plus sous contrôle judiciaire, ils peuvent désormais prendre l’avion comme bon leur semble.
Un roi condamné?

Une grande question se pose après ce procès:
Qu'adviendra t-il du roi Tominiko Halagahu Lavelua Mautamakia, déjà condamné à de la prison avec sursis pour une affaire de jeux de hasard?

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