"Mamie Fleurs", 35 ans de salon de l'Agriculture

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"Mamie Fleurs", 35 ans de salon de l'Agriculture
Sylvie Stewart, alias "Mamie Fleurs" au Salon de l'Agriculture ©Maïté Koda / FTV
A 73 ans, Sylvie Stewart est une habituée du Salon de l'Agriculture. Fleuriste, elle a su transmettre sa passion à ses enfants et se retrouve aujourd'hui à la tête d'une véritable entreprise familiale.
Trente-cinq ans qu'elle se rend au salon de l'Agriculture. Autant dire qu'elle le connaît bien le troisième étage de la halle 7, au parc des expositions de la Porte de Versailles. Et si Sylvie Stewart  a une nouvelle fois fait le déplacement depuis la Guadeloupe, c'est, comme toujours, pour vendre ses fleurs.  Fleuriste depuis plus de trois décennies, Sylvie se voyait devenir avocate. La vie allant, elle a mis au monde pas moins de 17 enfants et n'a pu poursuivre des études trop coûteuses. "C'est pour les élever que je me suis lancée là dedans", justifie cette passionnée, dans un sourire. Une bonne opération puisqu'aujourd'hui 5 d'entre eux font également le commerce des fleurs. "Chacun a ouvert sa propre boutique en Guadeloupe, et j'ai un fils à Bordeaux qui est également devenu fleuriste.  Nous cultivons nous mêmes toutes nos fleurs, nous avons une exploitation de 12 hectares", précise-t-elle en balayant de la main son présentoir éclatant garni de cordylines, de dracaena et d'oiseaux de paradis.
 

"Les gens m'appellent Mamie Fleurs"

A ses cotés sa petite-fille venue l'épauler sur son stand. Quelques encablures plus loin on retrouve un autre stand lui appartenant, tenu, évidemment, par ses enfants.  Tout ce petit monde venu de Guadeloupe se fait héberger en Ile-de-France. D’où l'avantage d'avoir une grande famille: "Mon dernier fils, numéro 17, habite à Orly Sud, une partie de la famille est hébergée chez lui. Ma fille, numéro 14 est à Porte d'Italie, numéro 15, mon fils, se trouve dans les Yvelines", énumère-t-elle.
Elle est soudain interrompue par un jeune homme s'exprimant en anglais. Après lui avoir répondu dans la langue de Shakespeare, la septuagénaire explique qu'il s'agit de son petit-fils adoptif, originaire de la Dominique lui aussi venu l'épauler. "Je suis la mamie de tout le monde vous savez, rit-elle. Les gens m'appellent Mamie Fleurs! Je connais tout le monde, les enfants, les dealers, les délinquants… Quand je vends mes fleurs sur le marché de la place Gourbeyre, tout le monde me salue!"
 

Les touristes viennent la retrouver à la porte de Versailles

A 73 ans, Sylvie a su transmettre à sa descendance son amour des fleurs et le transformer en patrimoine familial. Au-delà des marchés et des boutiques, elle livre également les supermarchés guadeloupéens. Et si sa petite silhouette dynamique et son visage rieur sont connus des Pointois, les touristes venus de l'Hexagone eux-aussi l'ont bien en mémoire. "J'ai beaucoup de clients sur le salon qui m'ont vue lors d'un séjour en Guadeloupe. Ils ne pouvaient pas acheter toutes les fleurs qu'ils souhaitaient en rentrant de vacances, alors on se donne rendez-vous ici", assure-t-elle.
 
Et les affaires marchent bien pour Sylvie: "tout va partir, je le sais, j'ai demandé à Dieu de prendre soin de nous et de nous donner la force". Plus prosaïque elle explique être venue avec "seulement" 4 tonnes de fleurs. "C'est la crise, et en plus avec la neige les mamies n'ont pas encore osé sortir". Les années fastes, elle affirme avoir parfois vendu jusqu'à 10 tonnes de fleurs entre le salon parisien et les autres foires de Lyon, Rouen ou encore Dijon. Au delà du temps consacré aux affaires, Sylvie qui se décrit à la fois comme "la banque, le docteur et le professeur" de sa grande famille a été élue super mamie de France en 2004.  "Vous savez, je ne me repose jamais, avec moi c'est du 7 jours sur 7 !", assène-t-elle en riant.
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