Nouvelle polémique autour d'une mannequin blanche grimée en femme noire

société
African Queen Ondria Hardin
©Sebastian Kim pour le magazine «Numero»
Le magazine français Numéro fait poser dans ses pages une jeune mannequin blanche en "African queen". Pour ce faire, sa peau a été teintée, ce qui n'est pas sans susciter des réactions.
Ondria Hardin a tout juste 16 ans.  La jeune fille longiligne aux cheveux blonds est un des mannequin les plus en vue du moment. Elle vient notamment d'être choisie par le mensuel de mode Numero pour une série photo ou elle incarne une "African Queen". Pour ce faire, la jeune femme pose le port altier, des bijoux imposants aux oreilles et… la peau noire. La manipulation été effectuée par ordinateur et le résultat est impressionant. Seulement, à l'heure ou les mannequins noires restent encore trop rares sur les podiums et les magazines, le choix de Numéro a du mal à passer. Une pétition adressé à la directrice de publication Nathalie Ayache a été lancée.
Sur le web, les critiques vont de la simple interrogation sur le sens artistique de la démarche à la franche indignation, voire aux accusations de racisme. Et c'est sans doute Outre-Atlantique qu'elles se font les plus virulentes. "Ce n'est qu'une question de temps avant que quelqu'un ne mette Ondria Hardion dans un costume rembourré et ne la recrute en tant que modèle "ronde", ironise  le site américain The Fashion spot qui dénonce une démarche "raciste".
 


 
 

Les réminiscences du Blackface

Le cas Ondria Hardin n'est pas sans rappeler la polémique lancée en 2009 par le magazine Vogue français qui avait eu recours au même procédé avec le mannequin Lara Stone. Et comme à l'époque, la référence au Blackface refait surface. Cette tradition née au Etats-Unis au XIXe siècle impliquait que des comédiens blancs se grimaient avec du cirage, exagéraient la taille de leurs lèvres, portaient des perruques laineuses et des vêtements en lambeaux. Ainsi affublés, ils se livraient alors à une caricature des Afro-américains, qu’ils représentaient comme lâches, soumis, joviaux et simples d’esprits.
 
 A défaut de créer l'unanimité, le magazine Numéro aura au moins réussi à faire parler de lui.  Il n'en est pas vraiment à son coup d'essai puisque déjà en  2010 la rédaction publiait des photos de la mannequin blanche Constance Jablonski, affublée d'une peau noire, d'une coupe afro et d'un bébé métissé.