Le Cran appelle à un rassemblement devant une boutique Mango à Paris

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Magasin Mango
La devanture d'un magasin Mango à Paris ©Nathan Alliard / Photononstop
Un rassemblement est prévu mardi 12 mars devant la boutique Mango des Halles à Paris. Les manifestants entendent protester contre l'appellation "style esclaves" donnée à des bijoux mis en vente par la marque.
La mobilisation a eu son effet. Quelques jours après que les comédiennes Aïssa Maïga, Sonia Rolland et l'éditorialiste Rokhaya Diallo aient dénoncé publiquement la vente de bracelets et colliers estampillés "style esclave" par Mango, la chaîne de prêt-à-porter a modifié l'appellation de ces bijoux.
Après avoir dans un premier temps évoqué une erreur de traduction sur son compte Twitter officiel, la marque a ensuite présenté des excuses dans un communiqué, ajoutant que "le mot esclave (…) est une désignation couramment employée dans le langage de la bijouterie".
 
Des excuses "bidons", selon Louis-George Tin, président du Cran qui appelle a un rassemblement ce mardi à 14h30 devant la boutique Mango des Halles à Paris.  "Ce n'est pas une erreur de traduction, ce n'est pas qu'une question d'étiquette. Ce modèle de collier, cette chaine à gourmette est réellement un modèle porté par les esclaves. La gourmette servait alors à graver le nom de l'esclave dessus", précise-t-il.
 

Bijoux brisés et lecture de textes

Le Cran demande donc le retrait total du produit. Lors de la mobilisation, le collectif prévoit de briser à coup de marteau des bijoux "dûment achetés" devant la direction de la boutique. Sont également prévus des lectures de textes de Césaire sur le thème de l'esclavage ainsi qu'un happening avec des comédiens.
L'idée est de se faire entendre auprès de la direction du magasin et du plus grand nombre. "Pendant 48 heures, personne chez Mango n'était disponible pour me parler, déplore Louis-George Tin. Ils étaient soit-disant tous partis en vacances. Quand enfin j'ai pu contacter quelqu'un, on ne m'a pas mis en relation avec un responsable, alors que la crise était importante, mais avec une attachée de presse", ajoute-t-il.
L'appel à la mobilisation de ce mardi est soutenu par Aïssa Maïga, Rokaya Diallo et Sonia Rolland. Ces dernières ont d'ailleurs tenu à répondre à Mango par communiqué. "L’Union Française de la Bijouterie, Joaillerie, Orfèvrerie, des Pierres & des Perles (UFBJOP) confirme l'utilisation du mot “esclava” en espagnol pour désigner une gourmette, mais pas son utilisation en français, ont-elles écrit, ajoutant que "ces éléments [les] confortent dans [leur] démarche visant à dénoncer la banalisation de l’esclavage à travers des objets du quotidien disponibles dans le commerce".