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Les catholiques attendent leur Pape

Dans quelques heures ou quelques jours, on devrait connaître le nom du nouveau Pape de l’Eglise chrétienne. Sur place, au Vatican, les fidèles attendent son élection avec une relative impatience. L’ambiance devrait monter dans les heures qui viennent.

© Martin Baumer (Outre-mer 1ère)
© Martin Baumer (Outre-mer 1ère)
  • Martin Baumer (envoyé spécial au Vatican)
  • Publié le , mis à jour le
Personne, hier soir,  sur la Place Saint-Pierre ne semblait y croire. Et les quelques milliers de fidèles ou touristes présents ont eu raison. Mais malgré cette première fumée noire du conclave à la cheminée de la Chapelle Sixtine, chacun avait bien conscience de vivre un moment historique : « On ne vit ça qu’une fois dans une vie » nous a confié, grand sourire aux lèvres, un jeune séminariste venu étudier à Rome.
Pas besoin cependant d’interroger l’ensemble du Vatican, les cris à l’apparition en abondance de la fumée noire et épaisse (leçon retenue d’il y a 8 ans lorsque l’on n’arrivait pas à distinguer le noir du blanc) laissaient transparaître une certaine émotion.
 

Le Vatican, centre d'un monde


Et puis chacun rentrait chez soi. Mais quelques instants plus tôt, la Place Saint-Pierre était un lieu de vie internationale : les Brésiliens étaient enroulés dans leur drapeau pour soutenir l’un des favoris, le Cardinal Odilo Scherer, les Chiliens agitaient le leur, les sœurs péruviennes priaient en groupe, sobriété du côté des Italiens, les Américains attendaient en short malgré la pluie et le vent, les Espagnols, eux, mettaient l’ambiance. Quant aux Français, ils n’étaient pas nombreux à venir assister de l’extérieur à ce conclave. « De toute façon, le Pape ne sera pas Français » lance l’adolescent d’une famille en vacances.
 

L'eveque de Guadeloupe présent au Vatican

 
Au fur et à mesure des scrutins des cardinaux, deux par demi-journée, le Vatican devrait se remplir. Et les pronostics sur le nom du prochain Pape devrait encore être plus nombreux. « Le choix n’est pas fait en fonction de la nationalité, il est fait en fonction de la personnalité », assure Monseigneur Riocreux, l’évêque de Guadeloupe. Il est actuellement à Rome, un voyage qu’il avait prévu de longue date pour rencontrer… Benoit XVI. Trop tard. Du coup, autant venir quand même pour assister à l’élection du successeur. « Et la personnalité, elle est connue des cardinaux, ils viennent de passer une semaine ensemble », poursuit-il. Refusant de donner un nom, Monseigneur Riocreux accepte toutefois d’en livrer un portrait robot : « un homme de foi, un homme qui parle les langues, 5 ou 6 différentes car nous sommes dans un monde mondialisé, un homme qui aura voyagé mais aussi un homme qui aura beaucoup de travail avec la curie, le gouvernement de l’Eglise ».
 

Un pape noir?

 
Certes, quelques favoris se dégagent. Ici, à Rome, trois noms sont davantage avancés que les autres. Mais une question revient assez régulièrement : aurons-nous pour la première fois un Pape noir ? A écouter les différents fidèles, ce n’est vraiment pas une priorité. « Un Pape noir, pourquoi pas, mais le problème, c’est que le Pape du Ghana, le mieux placé du continent africain, n’est pas le bon candidat, confie Lionel, un Parisien qui a spécialement fait le déplacement. Le Ghana ne pèse pas sur la scène internationale. Il faudrait un candidat sud-africain. » « Qu’il soir noir ou blanc, on s’en moque, assure pour sa part ce jeune camerounais, étudiant à Rome. Bien sûr que ça me ferait plaisir, mais l’important est d’avoir un Pape charismatique. » Et puis chacun l’assure, un Pape est de toute façon le Pape de tous les fidèles, de tous les Chrétiens.
« Il est aussi le souverain pontife de tous les outre-mer, glisse Monseigneur Riocreux, l’évêque de Guadeloupe. Jean-Paul II l’avait montré en se rendant à la Réunion. Et ce que disait le Cardinal Gantin, c’est qu’il n’y a pas de petites îles, il n’y a pas de petites communautés. Elles sont toutes présentes dans le cœur du Pape ».
Les favoris

L'italien Angelo Scola
En plus d’être un homme de compromis reconnu par tous, il a le gros avantage d’être Italien. 35 ans et l’éphémère Jean-Paul 1er que le pays des Papes n’a justement pas eu de souverain pontife. Il est le grandissime favori.

Le Québécois Marc Ouellet
Pour certains, il est la copie conforme de Benoit XVI,  très conservateur, notamment sur la question de l’avortement, il a fait de la justice sociale un cheval de bataille. Les voix des Nord-Américains pourraient toutes se diriger vers lui.

Le Brésilien Odilo Scherer
63 ans, reconnu comme un administrateur hors paire, il a l’avantage d’être à la tête de la plus grande église catholique du monde. Il est soutenu par d’importantes personnalités du Vatican.

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