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Polynésie : la campagne officielle des territoriales débute mardi

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Oscar Temaru
L'indépendantiste Oscar Temaru est candidat à sa propre succession aux élections territoriales ©AFP Archives/Gregory Boissy
Neuf listes sont en compétition pour les élections territoriales de la Polynésie française des 21 avril et 5 mai. La campagne officielle débute mardi à minuit (midi à Paris). Revue d’effectifs. 
Cette élection doit permettre d'élire 57 représentants à l'Assemblée de la Polynésie française, qui éliront eux-mêmes le président de cette collectivité autonome.
           
La nouvelle loi électorale prévoit une très forte prime majoritaire (19 sièges) pour la liste gagnante, afin d'assurer la stabilité politique de la Polynésie, qui a connu 13 gouvernements depuis 2004, tous présidés par Gaston Flosse, Gaston Tong Sang ou Oscar Temaru.
           
Pour le scrutin territorial, le président sortant, l'indépendantiste Oscar Temaru, est candidat à sa propre succession. Il souhaite avant tout la décolonisation de la Polynésie et a mené un lobbying intensif en ce sens aux Nations unies ces derniers mois.
           
La candidature d'Oscar Temaru, au pouvoir depuis deux ans, est handicapée par la crise économique qui touche la Polynésie. Mais il conserve un réservoir de fidèles électeurs indépendantistes et peut profiter de la dispersion des voix autonomistes.
           
Son adversaire de toujours, le sénateur autonomiste Gaston Flosse (ex-UMP), 81 ans, tentera lui de reconquérir le pouvoir. Après des années difficiles, son parti, le Tahoeraa, est revenu sur le devant de la scène aux dernières législatives, où ses trois candidats ont été élus députés face à ceux de l'UPLD d'Oscar Temaru.
           
Gaston Flosse se pose en garant du maintien de la Polynésie dans l'ensemble français et de la reprise économique. Ses nombreuses affaires judiciaires semblent avoir un impact limité sur l'électorat: il est parvenu à réunir dix mille militants pour le lancement de sa campagne.
           
Teva Rohfritsch, ancien proche de Gaston Flosse, joue la carte de la troisième voie avec une liste composée de maires et de chefs de petits partis. Autonomistes, ils rejettent l'indépendance proposée par Oscar Temaru, mais aussi le "système Flosse". Chaque leader de cette liste espère apporter son vivier électoral. Mais une union du même type menée par Gaston Tong Sang aux élections de 2008 s'était effritée au fil des mois. Certains électeurs pourraient ainsi douter de sa pérennité, la liste comptant de nombreuses fortes personnalités.
           
Teiva Manutahi, éducateur spécialisé, est un autre autonomiste capable de brouiller les cartes. Son parti, Porinetia Ora, symbolise le renouveau de la classe politique et a réussi à mobiliser lors de manifestations de proximité dans les communes. Excellent orateur, Teiva Manutahi n'est cependant épaulé par aucun autre personnage politique de premier plan.
           
L'entrepreneur Quito Braun Ortega propose une liste sur laquelle il met en avant de jeunes diplômés, insistant plus sur l'efficacité économique que sur l'éternel clivage local entre autonomie et indépendance.
           
C'est aussi le credo d'un deuxième entrepreneur, Franck Falletta, spécialisé dans le tourisme, principal secteur d'activité en Polynésie. Ce candidat présente aussi l'originalité d'être popa'a (blanc) et de multiplier les références religieuses, souvent efficaces dans une société très chrétienne.
           
Autre candidat, Patrice Jamet, ancien président d'association devenu maire de la commune de Mahina, se dit apolitique, défendant des "valeurs morales".
           
Président d'un syndicat de retraités, Emile Vernier se présente surtout pour défendre l'idée de la départementalisation de la Polynésie, qui a jusqu'à présent trouvé peu d'écho dans l'électorat.     
 
Le moins connu des neuf candidats est André Tanepau, dont la candidature a été découverte au dépôt des listes, le 25 mars, et qui n'a pas encore dévoilé d'éléments de programme.
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