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La Réunion : sept fois plus d’accouchements de filles mineures que dans l’Hexagone

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Grossesse
©DR
Une étude, publiée aujourd’hui, analyse les données médico-sociales recueillies sur une population de mineures ayant eu recours à une IVG ou ayant accouché entre avril et octobre 2009 dans différents centres d’orthogénie et maternités de La Réunion.  
Cette étude est parue le 9 avril dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’Institut français de veille sanitaire (InVS). L’enquête par questionnaire, qui a été menée par des professionnels travaillant à la Réunion, a porté sur 145 mineures. 
 
L’enquête rappelle tout d’abord qu’en 2007, les mineures de la Réunion pratiquaient deux fois plus d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) qu’en France métropolitaine (12 % des IVG de l’île), et sept fois plus d’accouchements dans cette tranche d’âge. « L’île de La Réunion est le deuxième département français en termes de grossesses précoces, derrière la Guyane, et le troisième en termes d’interruptions volontaires de grossesse chez les mineures » précise l’étude.
 
Depuis ces dix dernières années, selon le document, le nombre de naissances chez les moins de 18 ans y est relativement stable, autour de 600 par an. Mais la proportion d’IVG dans cette tranche d’âge n’a cessé de progresser, passant de 6,2% en 1996 à 12% en 2008. A l’évidence, remarquent les auteurs, les différentes politiques de prévention, les modifications apportées dans la législation de l’IVG et les mesures relatives à la contraception d’urgence n’ont pas eu l’impact souhaité.
 

Manque d'anticipation des rapports sexuels 

Concernant l’utilisation de la contraception, sur les 145 jeunes filles ayant participé à l’enquête, près d’un quart n’avaient jamais employé de moyen contraceptif. Près des trois quart des adolescentes n’utilisaient aucun moyen de contraception le mois où la grossesse a débuté. Outre un manque d’anticipation des rapports sexuels, « vingt-six pour cent des adolescentes estimaient ne pas pouvoir être enceinte dès le premier rapport sexuel (que ce soit le premier rapport d’une vie sexuelle ou le premier rapport avec un partenaire donné) » souligne l’étude. Ce qui ne manque pas d’être inquiétant en termes d’éducation.
 
Autres données de l’enquête, « une adolescente sur 2 ayant accouché déclare avoir eu un réel désir de grossesse et/ou d’enfant », désir d’enfant partagé par seulement un partenaire sur cinq. Par ailleurs, contrairement à ce que l’on pourrait penser, une très forte majorité des mineures enceintes est scolarisée (85 %), dont la moitié en collège ou lycée d’enseignement général. « Cette constatation est loin des taux relevés de déscolarisation avant la grossesse chez les mineures dans différentes enquêtes menées en métropole », relève l’étude. 

Enfin, et c’est une bonne nouvelle, un certain nombre de grossesses précoces son bien accueillies par les familles à la Réunion : « la culture traditionnelle demeure importante, avec une transmission familiale des rites et croyances, et la fécondité reste très valorisée. »


Stats Réunion BEH
©Bulletin épidémiologique hebdomadaire

 

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